Le 9 septembre 2026, le Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes et le Collège de la masso-kinésithérapie ont publié un dépliant consacré à la certification périodique des kinésithérapeutes. Ce document transforme une obligation encore perçue comme abstraite en un parcours plus lisible : 8 actions à réaliser dans 4 axes, sur un cycle de 6 ou 9 ans selon la date de début d’exercice.
Le point essentiel est simple : il ne s’agit pas de suivre huit formations. Le dispositif reconnaît aussi des actions déjà réalisées dans la pratique, à condition qu’elles correspondent au référentiel de la profession et puissent être justifiées.
Certification périodique des kinésithérapeutes : qui est concerné ?
La certification périodique est une obligation professionnelle instaurée par la loi du 24 juillet 2019 et entrée en vigueur en 2023. Elle concerne les professions de santé disposant d’un ordre, dont les masseurs-kinésithérapeutes.
Selon le dépliant publié par l’Ordre, sont concernés tous les kinésithérapeutes inscrits à l’Ordre, quel que soit leur mode d’exercice :
- libéral ;
- salarié ;
- hospitalier ou médico-social ;
- exercice mixte ;
- cadre de santé, enseignant, coordinateur ou manager.
Lorsqu’un professionnel n’est pas en contact direct avec les patients, certaines actions relevant de l’axe consacré à la relation avec le patient peuvent faire l’objet d’une exonération. Celle-ci n’est pas automatique : elle dépend de l’activité réellement exercée et doit être appréciée au cas par cas.
Pour une présentation générale du dispositif applicable aux professions de santé à ordre, vous pouvez également consulter notre article sur la certification périodique des professionnels de santé en 2026.
Un cycle de 6 ou 9 ans selon votre début d’activité
La durée du premier cycle dépend de la situation du kinésithérapeute au moment du lancement du dispositif :
- 6 ans si vous avez commencé votre activité professionnelle après le 1er janvier 2023 ;
- 9 ans si vous exerciez déjà avant le 1er janvier 2023.
Cette période transitoire de neuf ans laisse davantage de temps aux professionnels déjà installés pour constituer leur premier parcours. Les actions réalisées depuis le lancement de la certification périodique en 2023 peuvent être prises en compte rétroactivement, sous réserve de leur conformité au référentiel et de la présence des justificatifs attendus.
Il est donc utile de recenser dès maintenant les formations, évaluations de pratiques, activités pédagogiques et autres actions réalisées depuis 2023, plutôt que d’attendre l’approche de l’échéance.
Quelles sont les 8 actions à réaliser ?
Le parcours de certification périodique des kinésithérapeutes comporte quatre axes complémentaires. Deux actions doivent être réalisées dans chacun d’eux, soit huit actions sur l’ensemble du cycle.
Axe 1 : actualiser ses connaissances et ses compétences
Ce premier axe porte sur l’actualisation des connaissances scientifiques, techniques et professionnelles. Le référentiel permet notamment de valoriser :
- les formations DPC ;
- les formations continues ;
- les diplômes universitaires, masters ou autres formations diplômantes ;
- les actions d’enseignement auprès d’étudiants ou de professionnels ;
- la participation à des actions pédagogiques reconnues.
L’enjeu n’est pas d’accumuler les attestations, mais de choisir des actions cohérentes avec sa pratique, ses besoins et l’évolution de ses compétences.
Axe 2 : renforcer la qualité des pratiques et la sécurité des soins
Le deuxième axe valorise l’amélioration continue des pratiques professionnelles. Parmi les exemples donnés dans le dépliant figurent l’encadrement de stagiaires, l’utilisation d’un dossier patient numérisé compatible avec l’Espace numérique de santé ou encore le recyclage de l’AFGSU niveau 2.
Le document mentionne également la tenue de dossiers patients comprenant le bilan initial, le diagnostic kinésithérapique et le plan de traitement, avec anonymisation des données lorsqu’ils sont mobilisés comme justificatifs.
Les démarches d’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) trouvent naturellement leur place dans cet axe. EREVO propose notamment des formations pour kinésithérapeutes en e-learning, dont plusieurs programmes fondés sur l’EPP. Leur prise en compte dans un parcours de certification doit toujours être vérifiée au regard du référentiel et des justificatifs exigés.
Axe 3 : améliorer la relation avec les patients
Cet axe concerne l’information, la compréhension et la qualité de la relation thérapeutique. Peuvent notamment être valorisés :
- la mise à disposition des affichages réglementaires complets au cabinet ;
- des actions personnelles d’information destinées aux patients, aux proches ou aux aidants ;
- des ateliers ou congrès comprenant des échanges de pratiques entre pairs ;
- une démarche structurée d’auto-évaluation ;
- certains travaux de mise en conformité des outils numériques utilisés dans la relation avec les patients.
Certaines actions ne sont validables qu’une seule fois par cycle. Il est donc important de lire les conditions précises du référentiel avant de construire son programme.
Axe 4 : mieux prendre en compte sa santé personnelle
Le quatrième axe reconnaît que la santé du kinésithérapeute constitue elle-même un déterminant de la qualité et de la sécurité des soins.
Le dépliant cite notamment le maintien d’une activité physique régulière ou l’identification d’un médecin traitant. Pour cette dernière action, il s’agit uniquement de justifier qu’un médecin traitant est identifié : aucune information sur les consultations, les examens ou les résultats médicaux n’a à être transmise.
Certification périodique et DPC : quelle différence ?
Le DPC demeure un moyen important d’actualiser ses connaissances et d’améliorer ses pratiques, mais il ne représente qu’une modalité parmi d’autres au sein de la certification périodique.
Les deux dispositifs ne reposent pas sur la même logique :
- le DPC fonctionne actuellement par cycles triennaux et selon des orientations définies ;
- la certification périodique repose sur un parcours plus large, individualisé et réparti entre quatre axes ;
- une formation DPC peut contribuer au parcours, mais toutes les actions de certification ne sont pas des formations ;
- le financement d’une formation ne garantit pas automatiquement sa validation dans le parcours de certification.
Le dépliant indique que l’obligation de DPC devrait prochainement évoluer au profit de la certification périodique, tout en précisant que les financements dédiés au DPC seraient maintenus. À la date de publication de cet article, cette formulation décrit une évolution attendue : elle ne doit pas être présentée comme une suppression déjà effective.
Certaines formations EREVO destinées aux kinésithérapeutes peuvent être financées par le DPC ou le FIF PL et, selon le programme, ouvrir droit à une indemnisation. Ces possibilités restent soumises à l’agrément de l’action, au statut du professionnel, à son éligibilité et au budget disponible. Avant toute inscription, il convient aussi de vérifier la correspondance de l’action avec le référentiel de certification.
Comment préparer son parcours dès maintenant ?
Le dépliant propose une démarche en quatre temps : choisir ses actions, les réaliser, les déclarer puis suivre l’avancement de son parcours.
En pratique, une organisation simple permet d’éviter de reconstituer plusieurs années d’activité au dernier moment :
- Téléchargez le référentiel de certification périodique applicable aux kinésithérapeutes, publié en annexe de l’arrêté du 26 février 2026.
- Classez vos actions déjà réalisées depuis 2023 selon les quatre axes.
- Conservez les attestations, programmes, preuves de participation et justificatifs demandés.
- Repérez les axes encore insuffisamment couverts.
- Planifiez les actions manquantes sur plusieurs années, en privilégiant celles qui répondent à un besoin réel de votre pratique.
- Vérifiez les critères précis avant de considérer une action comme validante.
Le bon réflexe consiste à raisonner par axe et par objectif professionnel, et non uniquement par nombre d’heures de formation.
Ma Certif’ Pro Santé : comment déclarer ses actions ?
Le téléservice national Ma Certif’ Pro Santé, développé par l’Agence du numérique en santé, doit centraliser les comptes individuels de certification. Il permettra de déclarer les actions, déposer les justificatifs, suivre la progression du parcours et conserver un portfolio numérique de compétences.
La FAQ nationale du ministère de la Santé annonce une ouverture du téléservice à compter de novembre 2026. Le dépliant de l’Ordre précise que la saisie sera d’abord effectuée manuellement par le professionnel, puis que les transferts automatiques seront progressivement développés dans le cadre d’un déploiement complet prévu d’ici 2027.
Dans l’attente de l’ouverture effective de votre espace, conservez vos justificatifs dans un dossier organisé par année et par axe.
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement suivre huit formations ?
Non. Le parcours comprend huit actions, à raison de deux par axe. Les formations DPC et les formations continues peuvent être valorisées, mais d’autres activités professionnelles, pédagogiques ou d’amélioration des pratiques sont également prévues.
Les actions réalisées depuis 2023 peuvent-elles compter ?
Oui. Le dépliant indique que les actions réalisées depuis le lancement de la certification périodique en 2023 peuvent être prises en compte rétroactivement. Elles doivent toutefois correspondre au référentiel et être accompagnées des justificatifs nécessaires.
Une formation financée par le DPC ou le FIF PL est-elle automatiquement validante ?
Non. Le mode de financement et la prise en compte dans la certification répondent à des règles différentes. Il faut vérifier que l’action correspond au référentiel applicable et respecte les conditions attendues.
Qui vérifiera le respect de l’obligation ?
L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes est chargé du contrôle, en lien avec les données enregistrées dans le système d’information. Le décret du 26 décembre 2025 encadre les modalités de suivi, de contrôle et les procédures applicables en cas de manquement.
Sources
- Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes — présentation du dépliant, 9 septembre 2026
- Dépliant « Certification périodique : ce que vous devez savoir concrètement »
- Ordre des masseurs-kinésithérapeutes — dossier complet sur la certification périodique
- Ministère de la Santé — FAQ nationale sur la certification périodique
- Légifrance — arrêté du 26 février 2026 relatif aux référentiels de certification périodique
- Légifrance — décret n° 2025-1335 du 26 décembre 2025
À retenir
- La certification périodique concerne tous les kinésithérapeutes inscrits à l’Ordre, quel que soit leur mode d’exercice.
- Le parcours comprend 8 actions réparties entre 4 axes : il ne s’agit pas de huit formations obligatoires.
- Le premier cycle dure 6 ans pour une activité commencée après le 1er janvier 2023 et 9 ans pour les professionnels déjà en exercice avant cette date.
- Les actions réalisées depuis 2023 peuvent être valorisées si elles respectent le référentiel et sont correctement justifiées.
- Ma Certif’ Pro Santé doit ouvrir à partir de novembre 2026, avec une automatisation progressive des déclarations prévue jusqu’en 2027.




