Hypertension artérielle : 1 adulte sur 2 ignore qu’il est hypertendu

28/9/2026
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Professionnelle de santé mesurant la tension artérielle d’un patient avec un brassard huméral dans un cabinet médical.

L’hypertension artérielle reste la maladie chronique la plus fréquente en France. Dix-sept millions d’adultes sont concernés et une personne hypertendue sur deux ne le sait pas. Le 25 septembre 2026, l’Assurance Maladie a relancé la prévention avec une campagne nationale invitant chacun à connaître ses chiffres tensionnels.

Pour les professionnels de santé, l’enjeu ne consiste pas seulement à multiplier les mesures. Il faut mesurer dans de bonnes conditions, confirmer une valeur élevée hors du cabinet et inscrire le résultat dans une évaluation cardiovasculaire globale. Voici les repères utiles pour passer d’un dépistage opportuniste à une prise en charge fiable.

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Une campagne nationale pour mieux dépister l’hypertension artérielle

La campagne « Votre tension mérite toute votre attention » doit se déployer en trois vagues entre l’automne 2026 et mai 2027. L’Assurance Maladie veut d’abord mieux faire connaître l’hypertension, puis aider la population à identifier les seuils et à demander une mesure régulière.

Cette communication répond à un déficit d’information. Dans l’enquête Ipsos BVA citée par l’Assurance Maladie, 92 % des personnes interrogées déclarent avoir entendu parler de l’hypertension lorsqu’elle leur est citée, mais seulement 13 % la mentionnent spontanément parmi les maladies cardiovasculaires. À peine un quart connaît les valeurs à partir desquelles une hypertension est évoquée.

La campagne recommande une mesure de la pression artérielle au moins une fois par an à partir de 40 ans, et plus souvent en présence de facteurs de risque ou sur conseil d’un professionnel. Cette périodicité de sensibilisation ne remplace pas l’évaluation individualisée : antécédents cardiovasculaires ou familiaux, diabète, maladie rénale, obésité, tabagisme et grossesse justifient une vigilance adaptée.

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Pourquoi l’HTA reste souvent silencieuse

L’hypertension peut évoluer pendant des années sans symptôme spécifique. L’absence de céphalée, de vertige ou de sensation de malaise ne permet donc pas de l’écarter. C’est précisément cette évolution silencieuse qui explique l’importance d’une mesure proposée lors des contacts de soins, y compris lorsque le motif initial est différent.

Selon Santé publique France, près de 400 000 hospitalisations et 55 000 décès étaient attribuables à l’hypertension en 2021. Ses complications ne se limitent pas à l’accident vasculaire cérébral et à l’infarctus du myocarde. Elle contribue également à l’insuffisance cardiaque, aux maladies rénales chroniques, aux atteintes visuelles et aux troubles cognitifs.

Le risque augmente lorsque l’HTA s’associe à d’autres facteurs comme le diabète, l’excès de cholestérol, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, la sédentarité ou l’obésité. Une valeur élevée doit donc conduire à rechercher le risque cardiovasculaire global plutôt qu’à considérer la pression artérielle isolément.

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Quels seuils utiliser pour le dépistage

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Au cabinet médical

L’Assurance Maladie retient le seuil classique de 140/90 mmHg au cabinet. Une hypertension est évoquée lorsqu’au moins l’une de ces deux valeurs est atteinte ou dépassée de manière répétée : 140 mmHg pour la pression systolique ou 90 mmHg pour la pression diastolique.

Une mesure unique ne suffit pas à poser le diagnostic. La pression artérielle varie avec l’activité, le stress, la douleur, la température et les conditions de mesure. Une valeur élevée impose de vérifier la technique, de répéter les mesures et, hors urgence, de confirmer le résultat en dehors du cabinet.

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À domicile ou en mesure ambulatoire

En automesure tensionnelle ou en mesure ambulatoire de la pression artérielle, le seuil de référence est plus bas : une moyenne égale ou supérieure à 135/85 mmHg est considérée comme anormale dans les ressources françaises consultées. La mesure hors cabinet permet de repérer un effet blouse blanche ou, à l’inverse, une hypertension masquée.

La Haute Autorité de santé recommande de confirmer le diagnostic par automesure ou MAPA avant de débuter un traitement, sauf situation nécessitant une prise en charge urgente. L’interprétation doit rester médicale et tenir compte de l’âge, des comorbidités, des symptômes et du risque cardiovasculaire.

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Comment fiabiliser l’automesure tensionnelle

Un relevé à domicile n’est utile que si le matériel et la technique sont fiables. L’Assurance Maladie détaille les conditions de l’automesure et recommande un tensiomètre électronique à brassard huméral adapté à la circonférence du bras. Les appareils de poignet sont plus sensibles aux erreurs de positionnement.

Avant la mesure, le patient doit s’asseoir dans un environnement calme pendant trois à cinq minutes. Durant les trente minutes précédentes, il doit éviter l’exercice, le tabac, la caféine et la prise alimentaire. Le dos reste soutenu, les jambes décroisées, les pieds au sol et le bras nu posé au niveau du cœur. Il ne faut ni parler ni bouger pendant la mesure.

La règle des 3 structure le relevé diagnostique :

  • 3 mesures le matin, avant le petit-déjeuner et avant les médicaments ;
  • 3 mesures le soir, avant le coucher ;
  • pendant 3 jours consécutifs, avec une à deux minutes entre deux mesures.

Les 18 résultats doivent être consignés puis transmis au médecin. Ils ne doivent pas conduire le patient à interrompre, doubler ou modifier seul son traitement. L’apprentissage du geste par un professionnel et la vérification du brassard réduisent les erreurs qui peuvent fausser la moyenne.

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Après une valeur tensionnelle élevée

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Vérifier avant de conclure

Il convient d’abord de refaire la mesure après quelques minutes de repos, avec un brassard adapté et un bras correctement positionné. La douleur, l’anxiété, un effort récent, la caféine ou une conversation pendant la mesure peuvent augmenter temporairement les chiffres. Le contexte clinique reste déterminant.

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Orienter et confirmer le diagnostic

Toute suspicion repérée par un infirmier, un pharmacien ou un autre professionnel doit conduire à une orientation vers le médecin traitant. Celui-ci organise les mesures répétées, l’automesure ou la MAPA, recherche les autres facteurs de risque et évalue les éventuelles atteintes d’organes. La page professionnelle de l’Assurance Maladie rappelle que le médecin généraliste joue un rôle central dans l’éducation à l’automesure et l’adaptation du traitement.

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Repérer une situation urgente

Une valeur très élevée associée à une douleur thoracique, une dyspnée, un déficit neurologique, une confusion, un trouble visuel aigu ou une altération importante de l’état général justifie une évaluation urgente. Le professionnel ne doit pas banaliser ces symptômes ni laisser le patient repartir avec pour seule consigne de reprendre sa tension plus tard.

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Les leviers de prévention à expliquer au patient

La découverte d’une pression élevée ouvre un dialogue sur les facteurs modifiables. L’objectif n’est pas de délivrer une liste générique, mais d’identifier avec le patient les changements réalistes au regard de son mode de vie, de ses traitements et de ses autres risques.

  • Activité physique : encourager une pratique régulière adaptée à la situation clinique.
  • Alimentation : réduire l’excès de sel, privilégier une alimentation variée et travailler la réduction pondérale lorsqu’elle est indiquée.
  • Tabac et alcool : proposer un accompagnement au sevrage tabagique et réduire la consommation d’alcool.
  • Traitement : rechercher les difficultés d’observance et rappeler qu’une modification doit être décidée avec le prescripteur.
  • Suivi : fixer les modalités d’automesure, les objectifs individualisés et la date de réévaluation.

Pour préparer cet échange, la ressource EREVO Informer le patient sur son risque cardiovasculaire propose des repères sur l’explication du niveau de risque, des objectifs thérapeutiques et des compétences d’autosoins.

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Renforcer la prise en charge cardiovasculaire avec EREVO

Le dépistage de l’HTA prend tout son sens lorsqu’il débouche sur une évaluation globale, une décision partagée et une coordination entre professionnels. EREVO propose deux parcours directement liés à ces compétences.

  • Pour les médecins généralistes : Prise en charge des risques cardiovasculaires est une classe virtuelle de 7 heures. La page affiche une prise en charge DPC à 100 % et une indemnisation de 315 €, sous réserve d’agrément, d’éligibilité et de budget disponible.
  • Pour les infirmiers : Prise en charge des risques cardiovasculaires est une EPP en e-learning de 6 heures. La page affiche une prise en charge DPC à 100 % et une indemnisation de 114 €, sous réserve des mêmes conditions.

Les modalités et montants peuvent évoluer. Ils doivent être vérifiés au moment de l’inscription en fonction de la profession, du statut, de l’agrément de l’action et des droits disponibles.

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Questions fréquentes

Une tension à 140 sur 90 suffit-elle pour diagnostiquer une hypertension

Non. Ce seuil doit alerter lorsqu’il est retrouvé au cabinet, mais le diagnostic repose sur des mesures répétées et, sauf urgence, sur une confirmation par automesure ou MAPA. Les conditions de mesure et la situation clinique doivent aussi être vérifiées.

Quel seuil retenir en automesure

Une moyenne inférieure à 135/85 mmHg est considérée comme normale dans les ressources françaises consultées. Une moyenne égale ou supérieure à l’une de ces valeurs doit être interprétée par le médecin avec le contexte clinique du patient.

À partir de quel âge faut-il contrôler la tension chaque année

La campagne 2026 recommande au grand public une mesure au moins annuelle à partir de 40 ans. Une surveillance plus précoce ou plus fréquente peut être indiquée en présence de facteurs de risque, d’une grossesse, d’une maladie rénale, d’un diabète ou d’un antécédent cardiovasculaire.

Quel professionnel peut repérer une tension élevée

La pression artérielle peut être mesurée par différents professionnels, notamment le médecin, l’infirmier, le pharmacien ou la sage-femme. Toute suspicion doit être transmise au médecin traitant afin de confirmer le diagnostic et d’organiser la prise en charge.

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Sources

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À retenir

  • Dix-sept millions d’adultes vivent avec une hypertension en France et un sur deux l’ignore.
  • Le seuil de repérage au cabinet est de 140/90 mmHg, mais une mesure isolée ne suffit pas au diagnostic.
  • L’automesure suit la règle des 3 et utilise un seuil moyen de 135/85 mmHg.
  • À partir de 40 ans, la campagne recommande au moins une mesure annuelle, adaptée au profil de risque.
  • Le dépistage doit conduire à une évaluation cardiovasculaire globale et à un suivi coordonné.

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Jeune homme souriant avec une chemise bleue assis près d'une plante en intérieur.