Infections respiratoires à la rentrée 2026 : ce que révèle la hausse des consultations

7/9/2026
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Médecin généraliste auscultant le dos d’un patient adulte lors d’une consultation pour symptômes respiratoires.

Bronchites chez l’adulte, crises d’asthme, suspicions de Covid-19 et infections des voies respiratoires hautes chez les jeunes enfants : plusieurs indicateurs ont progressé à la fin du mois d’août. Le bulletin du réseau SOS Médecins publié par Santé publique France le 2 septembre 2026 donne ainsi les premiers signaux respiratoires de la rentrée.

Ces chiffres appellent cependant une lecture mesurée. Ils décrivent une évolution sur une semaine, à partir des actes enregistrés par SOS Médecins. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de conclure au début d’une épidémie. Pour les professionnels de premier recours, leur intérêt est surtout pratique : anticiper le retour des consultations respiratoires sans multiplier les examens ou les prescriptions d’antibiotiques injustifiés.

Infections respiratoires à la rentrée 2026 : que montre le bulletin ?

Le bulletin porte sur la semaine 35, du 24 au 30 août 2026. Par rapport à la semaine précédente, l’activité des associations SOS Médecins a augmenté de 6 % chez les enfants de moins de deux ans, soit 201 actes supplémentaires. Elle est restée stable dans la majorité des autres classes d’âge et a diminué de 7 % chez les personnes de 75 ans et plus.

Dans le détail, Santé publique France relève plusieurs progressions :

  • bronchites chez les adultes : +21 %, soit 292 actes supplémentaires ;
  • suspicions de Covid-19 chez les 15-64 ans : +125 %, soit 139 actes supplémentaires ;
  • crises d’asthme chez les 15-64 ans : +27 %, soit 91 actes supplémentaires ;
  • crises d’asthme chez les enfants : +15 %, soit 21 actes supplémentaires ;
  • infections respiratoires hautes chez les moins de deux ans : +11 %, soit 137 actes supplémentaires.

Ces évolutions sont suffisamment nettes pour être surveillées. Mais Santé publique France précise que l’ensemble des indicateurs reste à des niveaux comparables ou inférieurs à ceux des années précédentes.

Pourquoi le chiffre de +125 % doit être relativisé

La progression des suspicions de Covid-19 est spectaculaire en pourcentage. Elle représente pourtant 139 actes supplémentaires. Lorsqu’un indicateur part d’un niveau faible, une variation limitée en valeur absolue peut produire une forte hausse relative.

Le terme employé est également important : il s’agit de suspicions d’infection enregistrées par SOS Médecins, pas d’un décompte de cas confirmés biologiquement. Ce signal ne renseigne donc pas directement sur le taux de positivité, la sévérité clinique ou la circulation d’un variant donné.

La bonne lecture consiste à rapprocher trois éléments :

  1. l’évolution en pourcentage ;
  2. le nombre d’actes supplémentaires ;
  3. la comparaison avec les saisons précédentes.

À ce stade, le bulletin indique une reprise de certains motifs respiratoires, pas une vague épidémique exceptionnelle.

Pourquoi les consultations respiratoires peuvent-elles augmenter à la rentrée ?

Le bulletin décrit les tendances observées, sans attribuer leur évolution à une cause unique. Plusieurs facteurs peuvent néanmoins se combiner au retour des vacances : reprise de la vie en collectivité, multiplication des contacts scolaires et professionnels, circulation de virus respiratoires et exposition à des facteurs susceptibles de déclencher ou d’aggraver un asthme.

Chez certains patients, la rentrée correspond aussi à une modification des habitudes, du sommeil, de l’exposition environnementale ou de l’observance thérapeutique. Ces éléments peuvent contribuer à l’apparition de symptômes, mais ils doivent être recherchés individuellement plutôt que présumés.

Pour le médecin généraliste, l’enjeu n’est donc pas de traiter un chiffre national. Il est de distinguer, pour chaque patient, une infection virale simple, une exacerbation de maladie respiratoire chronique et une situation nécessitant des investigations complémentaires.

Bronchite aiguë : davantage de consultations ne signifie pas davantage d’antibiotiques

La hausse de 21 % des actes pour bronchite constitue le signal le plus directement lié à la prescription en soins primaires. Elle ne modifie pas pour autant les recommandations.

L’Assurance Maladie rappelle dans ses mémos destinés aux médecins que, chez l’adulte de moins de 75 ans sans comorbidité, l’origine d’une bronchite aiguë est très probablement virale. L’antibiothérapie n’est pas indiquée, y compris lorsque l’expectoration est purulente.

Cette précision est essentielle, car la couleur des sécrétions reste fréquemment interprétée comme la preuve d’une infection bactérienne. Elle ne suffit pourtant pas à justifier un antibiotique. La HAS rappelle plus largement que la plupart des infections sont virales et qu’une prescription doit reposer sur un diagnostic précis, le terrain du patient, la gravité clinique et, lorsque cela est pertinent, les tests diagnostiques disponibles.

Rechercher une autre atteinte lorsqu’un élément ne concorde pas

Le diagnostic de bronchite aiguë suppose d’écarter une autre cause respiratoire. Une dyspnée inhabituelle, une altération marquée de l’état général, une douleur thoracique, une hypoxémie, une fièvre persistante ou un terrain particulièrement fragile doivent conduire à réévaluer la situation.

Lorsque les symptômes font suspecter une pneumonie, l’Assurance Maladie recommande de confirmer le diagnostic par une radiographie pulmonaire. Chez les personnes âgées, immunodéprimées ou atteintes d’une maladie respiratoire, cardiaque, rénale ou oncologique, la stratégie doit être individualisée.

L’objectif n’est donc pas de « ne jamais prescrire », mais de réserver l’antibiotique aux situations dans lesquelles son bénéfice est établi ou suffisamment probable.

Crises d’asthme : un signal distinct des infections

Le bulletin met également en évidence une hausse des consultations pour crise d’asthme : 27 % chez les 15-64 ans et 15 % chez les enfants. Cet indicateur ne doit pas être assimilé automatiquement à une infection respiratoire.

Une exacerbation peut être favorisée par une infection virale, une exposition allergénique ou irritante, une mauvaise observance du traitement de fond ou une technique d’inhalation insuffisamment maîtrisée. La consultation doit permettre d’évaluer la gravité, de rechercher le facteur déclenchant et de vérifier l’utilisation du traitement habituel.

La période est propice à quelques contrôles simples :

  • réévaluer la fréquence des symptômes et leur retentissement nocturne ;
  • vérifier la disponibilité et l’utilisation des dispositifs d’inhalation ;
  • rechercher une rupture ou une prise irrégulière du traitement de fond ;
  • rappeler les signes qui doivent conduire à consulter rapidement ;
  • actualiser, lorsque cela est nécessaire, le plan d’action personnalisé.

Cette progression rappelle que tous les symptômes respiratoires observés à la rentrée ne relèvent ni du même diagnostic ni du même traitement.

Jeunes enfants : ne pas confondre infection haute et bronchiolite

Chez les moins de deux ans, SOS Médecins observe une hausse de 11 % des infections des voies respiratoires hautes, correspondant à 137 actes supplémentaires. Le bulletin ne décrit pas, pour cette semaine, une augmentation spécifique de la bronchiolite.

Cette distinction évite d’anticiper trop tôt une épidémie saisonnière à partir d’un indicateur plus large. Une rhinopharyngite, une toux ou un encombrement nasal ne préjugent pas de l’évolution vers une atteinte respiratoire basse.

L’examen clinique, l’âge, l’alimentation, l’état d’hydratation, la qualité de la respiration et le comportement de l’enfant restent déterminants. Dans les infections virales non compliquées, l’information donnée aux parents est centrale : évolution attendue, mesures symptomatiques adaptées et signes justifiant une nouvelle consultation.

Comme pour la bronchite aiguë de l’adulte, une infection virale ne justifie pas une antibiothérapie. Une prescription ne devient pertinente qu’en présence d’une indication bactérienne identifiée ou fortement suspectée.

Comment expliquer une non-prescription d’antibiotiques ?

La pression ressentie en consultation ne vient pas toujours d’une demande explicite. Le praticien peut parfois supposer que le patient attend un antibiotique, tandis que celui-ci cherche surtout un diagnostic, un soulagement et des repères sur la durée des symptômes.

Une non-prescription est mieux comprise lorsqu’elle s’accompagne d’une explication concrète :

  • préciser le diagnostic retenu et son origine probablement virale ;
  • indiquer la durée habituelle des symptômes, notamment celle de la toux ;
  • expliquer pourquoi un antibiotique n’accélérerait pas la guérison ;
  • proposer les mesures symptomatiques adaptées ;
  • donner des consignes de surveillance et un délai de réévaluation ;
  • rappeler les signes d’aggravation nécessitant de consulter.

L’Assurance Maladie met à disposition une ordonnance de non-prescription d’antibiotiques. Ce document formalise le raisonnement, sécurise le suivi et transforme l’absence d’antibiotique en une décision médicale expliquée.

Faire de ce signal un levier d’amélioration des pratiques

Les données de surveillance ne dictent pas la décision individuelle, mais elles peuvent aider le cabinet à se préparer : remettre à disposition les outils d’information, actualiser les liens vers les recommandations, vérifier les procédures de réévaluation et analyser ses habitudes de prescription.

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Questions fréquentes

Cette hausse annonce-t-elle une nouvelle épidémie respiratoire ?

Pas à ce stade. Le bulletin décrit une progression hebdomadaire de plusieurs motifs de consultation. Santé publique France précise que les indicateurs restent globalement comparables ou inférieurs aux années précédentes.

Une hausse de 125 % signifie-t-elle que les cas de Covid-19 ont plus que doublé ?

Le nombre d’actes codés comme suspicions de Covid-19 a plus que doublé par rapport à la semaine précédente, mais cela représente 139 actes supplémentaires et non un décompte national de cas confirmés.

Faut-il prescrire un antibiotique devant une bronchite avec expectoration purulente ?

Chez l’adulte de moins de 75 ans sans comorbidité présentant une bronchite aiguë, l’antibiothérapie n’est pas indiquée, même en présence d’une expectoration purulente. Le terrain, les signes de gravité et la possibilité d’un autre diagnostic doivent toutefois être évalués.

Quels professionnels sont principalement concernés ?

Les médecins généralistes sont en première ligne pour le diagnostic et la prescription. Les pharmaciens contribuent à l’information et à l’orientation. Les infirmiers peuvent repérer une aggravation chez les patients fragiles suivis à domicile.

Sources

À retenir

  • Fin août 2026, SOS Médecins a observé une hausse de plusieurs motifs respiratoires.
  • Les niveaux restent comparables ou inférieurs aux années précédentes.
  • Une bronchite aiguë de l’adulte jeune sans comorbidité ne justifie généralement pas d’antibiotique.
  • La rentrée est l’occasion de renforcer le diagnostic différentiel, la surveillance et l’explication de la non-prescription.

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Jeune homme souriant avec une chemise bleue assis près d'une plante en intérieur.