Mois sans tabac : comment accompagner les jeunes adultes vers l’arrêt ?

27/10/2026
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Paquet de cigarettes neutre, cigarette non allumée, patch et gommes nicotiniques sur un plan de travail clair pendant Mois sans tabac 2026.

Mois sans tabac revient du 1er au 30 novembre 2026. Pour les professionnels de santé, cette mobilisation offre un cadre concret pour transformer une intention d’arrêt en tentative accompagnée. Elle intervient dans un contexte particulier : le tabagisme quotidien recule nettement chez les jeunes adultes, mais la cigarette retrouve une visibilité culturelle dans certains contenus diffusés sur les réseaux sociaux.

Il faut tenir ensemble ces deux réalités. Une esthétique rétro ou transgressive ne prouve pas une reprise du tabagisme chez les jeunes. Elle peut néanmoins banaliser le geste, compliquer la perception du risque ou servir de point d’entrée à une consommation occasionnelle. Le bon réflexe consiste donc à ouvrir le dialogue sans dramatiser ni culpabiliser, puis à proposer une aide proportionnée aux besoins de la personne.

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Mois sans tabac 2026 : un mois pour transformer une intention en tentative d’arrêt

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Une campagne nationale du 1er au 30 novembre

La onzième édition de Mois sans tabac se déroule du 1er au 30 novembre 2026. Les inscriptions sont ouvertes depuis le 1er octobre. Selon Santé publique France, 55 % des fumeurs quotidiens souhaitent arrêter. Participer à Mois sans tabac double les chances de réussite à un an par rapport à une tentative sans aide, et trente jours sans fumer multiplient par cinq les chances d’arrêt durable.

Depuis sa création en 2016, l’opération a réuni 2,5 millions de participants. En 2025, plus de 117 000 personnes se sont inscrites. Pour les soignants, cette visibilité nationale réduit le coût d’entrée dans la conversation : une affiche en salle d’attente, une question lors d’un soin ou un conseil au comptoir peut suffire à faire émerger une demande.

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Des outils à intégrer au parcours de soins

Le dispositif ne repose pas uniquement sur une date symbolique. Le site et l’application Tabac info service, le numéro 39 89 et le kit « Programme 40 jours » peuvent prolonger l’accompagnement entre deux consultations. Le kit de Santé publique France comprend notamment un programme quotidien, une roue des économies et des informations pratiques.

Le professionnel peut proposer ces ressources comme un complément, et non comme un substitut au suivi. L’objectif est d’aider la personne à préparer les situations à risque, observer ses envies de fumer, ajuster son traitement nicotinique si nécessaire et demander de l’aide avant qu’une difficulté ne devienne une rechute.

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Cigarette sur les réseaux sociaux : distinguer l’image des usages réels

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Une visibilité culturelle qui mérite d’être interrogée

Dans la mode, la musique ou les contenus nostalgiques, la cigarette peut réapparaître comme un accessoire associé à la liberté, à la fête ou à la transgression. Le Monde décrit ce retour dans l’imaginaire d’une partie de la génération Z. Cette présence n’autorise toutefois pas à conclure que les jeunes se remettent massivement à fumer.

En consultation, mieux vaut partir de l’expérience de la personne : « Est-ce que vous voyez davantage de contenus liés à la cigarette ? », « Qu’est-ce que cela évoque pour vous ? » ou « Dans quelles situations fumez-vous ? ». Ces questions permettent de repérer une influence sociale sans transformer la discussion en leçon de morale.

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Les données officielles montrent une baisse du tabagisme, mais une progression du vapotage

Les résultats du Baromètre de Santé publique France montrent qu’en 2024, 17,4 % des 18-79 ans fumaient quotidiennement. Chez les 18-29 ans, le tabagisme quotidien est passé de 29,3 % en 2021 à 18,4 % en 2024. La tendance est donc à la baisse, même si les inégalités sociales restent marquées.

Chez les collégiens et lycéens, l’enquête EnCLASS publiée par l’OFDT confirme des niveaux de tabagisme quotidien faibles : 0,9 % au collège et 5,6 % au lycée en 2024. En revanche, l’usage de la cigarette électronique progresse chez les lycéens : l’usage quotidien est passé de 2,8 % en 2018 à 6,8 % en 2024.

Ces chiffres invitent à élargir le repérage au vapotage, aux produits nicotinés et aux consommations occasionnelles. Ils appellent aussi à une communication exacte : la visibilité en ligne est un signal culturel à discuter, pas la preuve d’un rebond statistique du tabagisme des jeunes.

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Comment aborder le tabac sans culpabiliser le jeune adulte

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Demander la permission et partir du vécu

Une intervention brève peut commencer par une question simple : « Est-ce que vous seriez d’accord pour qu’on parle de votre consommation de tabac ou de nicotine ? ». Cette formulation respecte l’autonomie et réduit la résistance. Le professionnel peut ensuite préciser les produits utilisés, la fréquence, le contexte social, les tentatives précédentes et ce que la personne attend de l’échange.

Le statut « fumeur occasionnel » ne suffit pas à mesurer le risque ni la dépendance. Il faut rechercher les cigarettes du week-end, celles associées à l’alcool, les prises de nicotine au réveil, le vapotage parallèle et les périodes d’augmentation liées au stress. L’échange doit également tenir compte de la santé mentale, des autres consommations et des difficultés sociales susceptibles de compliquer l’arrêt.

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Construire une intervention brève et concrète

La Haute Autorité de santé recommande un repérage individuel, l’évaluation de la dépendance, de la motivation et des comorbidités, puis un accompagnement adapté. En pratique, une intervention brève peut suivre cinq étapes :

  • repérer le tabac, le vapotage et les autres produits nicotinés ;
  • demander ce que la personne apprécie et ce qui la gêne dans sa consommation ;
  • donner un conseil personnalisé, avec l’accord du patient ;
  • proposer une option concrète : date d’arrêt, réduction préparatoire, substituts nicotiniques, application ou consultation dédiée ;
  • organiser un suivi, même court, pour ajuster l’aide et dédramatiser un éventuel faux pas.

Le message central est que la dépendance nicotinique se traite. Une reprise ponctuelle ne doit pas être présentée comme un échec définitif : elle permet d’identifier un déclencheur, d’ajuster le dosage ou de renforcer le soutien.

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Substituts nicotiniques : les repères pratiques pour prescrire et orienter

Les traitements nicotiniques de substitution constituent le traitement médicamenteux de première intention. Selon l’Assurance Maladie, ils augmentent les chances de réussite de 50 à 70 %. L’association d’une forme transdermique, comme le patch, avec une forme orale rapide peut être pertinente lorsque les envies impérieuses persistent, sous réserve d’un dosage et d’un suivi adaptés.

Les substituts inscrits sur la liste des spécialités remboursables sont pris en charge à 65 % sur prescription. La part restante peut être couverte par la complémentaire selon le contrat. Les médecins, y compris les médecins du travail, les sages-femmes, les chirurgiens-dentistes, les infirmiers et les masseurs-kinésithérapeutes peuvent prescrire ces traitements dans le cadre prévu. Les pharmaciens jouent un rôle essentiel de conseil, de délivrance, de vérification du bon usage et d’orientation, mais ne figurent pas dans la liste actuelle des prescripteurs présentée par l’Assurance Maladie.

Un dosage insuffisant expose aux envies de fumer, à l’irritabilité ou aux difficultés de concentration. Un suivi précoce permet de vérifier l’adhésion, les symptômes, l’utilisation correcte des formes orales et les situations de sur- ou sous-dosage. Lorsqu’un arrêt complet n’est pas encore envisageable, la HAS rappelle qu’une réduction accompagnée peut constituer une étape, sans culpabiliser la personne.

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Quel rôle pour chaque professionnel de santé ?

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Médecin généraliste

Le médecin généraliste peut intégrer le statut tabagique aux consultations courantes, évaluer la dépendance et les comorbidités, prescrire les substituts et organiser le suivi. Il est particulièrement bien placé pour articuler le sevrage avec la santé mentale, la contraception, les risques cardiovasculaires ou respiratoires et les autres consommations.

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Infirmier

L’infirmier peut repérer la consommation au cours d’un soin, conduire une intervention brève, prescrire des substituts nicotiniques et suivre leur utilisation. La régularité des contacts constitue un atout pour ajuster l’accompagnement, valoriser les progrès et repérer rapidement les difficultés.

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Pharmacien et autres professionnels prescripteurs

Le pharmacien peut rendre l’aide immédiatement accessible : identifier une demande, expliquer les formes disponibles, vérifier la technique d’utilisation et orienter vers le prescripteur ou Tabac info service. Les sages-femmes, chirurgiens-dentistes et masseurs-kinésithérapeutes peuvent, dans leur champ d’exercice, profiter d’un contact de prévention pour conseiller l’arrêt et prescrire des substituts nicotiniques.

Cette complémentarité est importante chez les jeunes adultes, qui ne consultent pas toujours spécifiquement pour leur consommation. Chaque contact devient une occasion d’offrir une aide brève et cohérente.

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Se former au sevrage tabagique avec EREVO

Pour structurer le repérage, la prescription et le suivi, EREVO propose deux formations en e-learning consacrées au sevrage tabagique :

  • la formation Sevrage tabagique pour les infirmiers, d’une durée de 6 heures, présentée comme éligible au DPC, avec prise en charge des frais pédagogiques et indemnisation pouvant atteindre 114 €, sous réserve d’agrément, de statut, d’éligibilité et de budget disponible ;
  • la formation Sevrage tabagique pour les médecins généralistes, également proposée en 6 heures et présentée comme éligible au DPC, avec prise en charge des frais pédagogiques et indemnisation pouvant atteindre 132 €, sous les mêmes réserves.

Ces parcours permettent de consolider l’évaluation de la dépendance, le choix des traitements nicotiniques, l’entretien motivationnel et la prévention de la rechute. Les conditions de financement et d’indemnisation doivent toujours être vérifiées au moment de l’inscription.

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Questions fréquentes

Quand commence Mois sans tabac 2026 ?

Mois sans tabac se déroule du 1er au 30 novembre 2026. Les inscriptions sont ouvertes depuis le 1er octobre sur le site et l’application Tabac info service.

Un infirmier peut-il prescrire des substituts nicotiniques ?

Oui. Les infirmiers font partie des professionnels autorisés à prescrire des traitements nicotiniques de substitution. La prescription permet une prise en charge à 65 % pour les spécialités inscrites sur la liste des produits remboursables.

Un pharmacien peut-il prescrire des substituts nicotiniques ?

À ce jour, les pharmaciens ne figurent pas dans la liste des prescripteurs présentée par l’Assurance Maladie. Ils peuvent en revanche conseiller le patient, délivrer le traitement prescrit, vérifier son bon usage et orienter vers un professionnel habilité.

Que proposer à un patient qui ne veut pas encore arrêter ?

Il est possible d’explorer ses priorités, de proposer une réduction accompagnée, d’identifier les situations déclenchantes et de convenir d’un nouveau point. Le maintien d’une relation sans jugement favorise une future tentative d’arrêt.

La visibilité de la cigarette sur les réseaux sociaux signifie-t-elle que les jeunes fument davantage ?

Non. Les données officielles disponibles montrent une baisse du tabagisme quotidien chez les jeunes adultes. La visibilité culturelle de la cigarette mérite d’être discutée, mais elle ne doit pas être confondue avec une hausse démontrée des usages. Le vapotage progresse toutefois chez les lycéens et doit être intégré au repérage.

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Sources

À retenir

  • Mois sans tabac 2026 se déroule du 1er au 30 novembre et fournit un cadre favorable à une tentative d’arrêt accompagnée.
  • La visibilité de la cigarette sur les réseaux sociaux ne signifie pas que le tabagisme des jeunes repart à la hausse.
  • Le repérage doit inclure le tabac occasionnel, le vapotage et les autres produits nicotinés.
  • Les substituts nicotiniques sont le traitement de première intention et augmentent les chances de réussite de 50 à 70 %.
  • Une intervention brève, non culpabilisante et suivie peut être proposée par chaque professionnel de santé.

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Jeune homme souriant avec une chemise bleue assis près d'une plante en intérieur.