Publié le 29 septembre 2026, le nouveau dossier de l’Assurance Maladie consacré à Mon bilan prévention entre 45 et 50 ans remet ce rendez-vous au premier plan. L’actualité prend une dimension supplémentaire le 1er octobre 2026 : les masseurs-kinésithérapeutes peuvent désormais le réaliser, aux côtés des médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes.
Pour les professionnels de santé, ce bilan n’est ni une consultation générale supplémentaire ni une succession d’examens systématiques. Il s’agit d’un temps structuré de 30 à 45 minutes pour repérer les risques, choisir avec le patient un ou deux sujets prioritaires et construire un plan personnalisé de prévention réaliste. Voici les points pratiques à maîtriser.
Pourquoi les 45-50 ans constituent un âge clé pour la prévention
Entre 45 et 50 ans, des facteurs de risque jusque-là silencieux peuvent devenir plus visibles : hypertension artérielle, risque cardiovasculaire ou diabétique, sédentarité, prise de poids, troubles du sommeil, consommations de tabac ou d’alcool, difficultés psychiques ou retentissement des conditions de travail.
Cette tranche d’âge précède également plusieurs échéances importantes de dépistage organisé, notamment pour les cancers du sein et colorectal à partir de 50 ans. Le bilan permet donc de vérifier le parcours de prévention, d’anticiper les prochaines étapes et de remettre le patient en position d’acteur de sa santé.
L’Assurance Maladie précise qu’un seul bilan peut être réalisé entre 45 et 50 ans. Il est pris en charge à 100 % sans avance de frais pour l’assuré. Sa valeur dépend donc moins d’un inventaire exhaustif que de la capacité du professionnel à faire émerger des priorités pertinentes et accessibles.
Qui peut réaliser Mon bilan prévention 45-50 ans en 2026 ?
Depuis le 1er octobre 2026, cinq professions peuvent être effectrices du dispositif :
- les médecins ;
- les infirmiers ;
- les pharmaciens ;
- les sages-femmes ;
- les masseurs-kinésithérapeutes.
L’entrée des masseurs-kinésithérapeutes est particulièrement cohérente avec les objectifs du bilan : leur pratique les place au contact direct des enjeux d’activité physique, de sédentarité, de douleur, de mobilité et de prévention des maladies chroniques.
Aucune inscription préalable n’est obligatoire pour réaliser les bilans. Le professionnel peut néanmoins s’enregistrer sur Santé.fr avec sa carte CPS ou e-CPS afin d’apparaître dans l’annuaire des effecteurs. Cette visibilité facilite l’orientation des patients qui ne savent pas vers qui se tourner.
Comment préparer le rendez-vous sans alourdir la consultation
Les éléments à demander au patient
En amont, le patient peut remplir l’autoquestionnaire 45-50 ans depuis Mon espace santé ou utiliser la version téléchargeable. Ce document reste facultatif : son absence ne doit pas empêcher la réalisation du bilan.
Il est utile de demander au patient d’apporter, lorsqu’ils sont disponibles :
- ses informations de vaccination ;
- ses derniers résultats d’analyses biologiques ;
- ses résultats récents de dépistage ;
- les éléments utiles de son histoire médicale et familiale ;
- les sujets qu’il souhaite aborder en priorité.
Cette préparation réduit le temps consacré à la collecte d’informations et laisse davantage de place à l’échange, à la décision partagée et à la définition d’actions concrètes.
Les outils à préparer côté professionnel
Avant de proposer le dispositif, le professionnel gagne à réunir quatre supports : l’autoquestionnaire, la fiche d’aide au repérage des risques adaptée aux 45-50 ans, le modèle de plan personnalisé de prévention et les coordonnées des ressources locales vers lesquelles orienter le patient.
L’annuaire de prévention de Santé.fr peut compléter ce kit. Il recense des offres dans les domaines de la vaccination, de la santé mentale, de l’addictologie, de la nutrition, de l’activité physique, de la santé sexuelle et du dépistage.
Les trois étapes de Mon bilan prévention 45-50 ans
Étape 1 : repérer les risques individuels
Le point de départ combine les réponses du patient, ses antécédents, ses conditions de vie et de travail ainsi que les éléments de parcours déjà connus. L’objectif n’est pas de poser un diagnostic complet au cours du bilan, mais d’identifier les facteurs de risque, les ruptures de suivi et les besoins de prévention qui méritent une attention particulière.
Le professionnel doit conserver une approche globale. Une consommation d’alcool, un sommeil dégradé ou une absence d’activité physique ne se comprennent pas indépendamment du contexte social, familial, professionnel ou psychologique.
Étape 2 : choisir ensemble un ou deux sujets prioritaires
Le dispositif impose une priorisation conjointe. Vouloir traiter tous les sujets en une seule séance dilue le message et rend le plan difficile à appliquer. Le professionnel aide donc le patient à choisir un ou deux objectifs, en tenant compte à la fois du niveau de risque et de sa disponibilité au changement.
L’entretien motivationnel et l’intervention brève sont particulièrement utiles à cette étape. Ils permettent d’explorer les hésitations, de valoriser les ressources du patient et de transformer une recommandation générale en décision concrète. Pour les infirmiers, la formation EREVO sur le repérage et la prévention de l’obésité inclut précisément des techniques d’entretien motivationnel. Elle peut être prise en charge dans le cadre du DPC, sous réserve d’éligibilité, d’agrément et de droits disponibles ; la page indique une indemnisation DPC de 266 euros.
Étape 3 : formaliser le plan personnalisé de prévention
Le plan personnalisé de prévention, ou PPP, reprend les objectifs choisis, les obstacles repérés, les actions prévues et les ressources mobilisables. Un bon plan reste court, compréhensible et vérifiable. Il précise qui fait quoi, dans quel délai et avec quel relais si la situation nécessite un autre professionnel.
Le PPP et la fiche d’aide au repérage des risques doivent être transmis au médecin traitant, sauf opposition du patient. Cette transmission peut passer par la messagerie sécurisée, le Dossier médical partagé ou le patient lui-même. Le suivi et l’ajustement du plan s’inscrivent ensuite dans un parcours coordonné par le médecin traitant.
Quels sujets explorer en priorité entre 45 et 50 ans ?
Risques cardiovasculaires et métaboliques
Les antécédents personnels et familiaux, la pression artérielle lorsqu’elle est pertinente, le poids et son évolution, l’activité physique, la sédentarité, l’alimentation et les consommations constituent un socle important. Le bilan doit permettre de distinguer une action de prévention réalisable d’une situation qui nécessite une consultation diagnostique ou un avis médical.
Pour renforcer ce volet, EREVO propose aux infirmiers une formation consacrée à la prise en charge infirmière du risque cardiovasculaire. Elle aborde l’évaluation du risque, la décision partagée, l’optimisation du mode de vie et l’approche motivationnelle. La page de formation indique une prise en charge possible dans le cadre du DPC, sous réserve d’éligibilité et de droits disponibles, ainsi qu’une indemnisation de 266 euros.
Dépistages, vaccination et santé sexuelle
Le bilan est l’occasion de vérifier les vaccinations, le suivi bucco-dentaire et les dépistages déjà réalisés ou à programmer. À l’approche de 50 ans, le professionnel peut notamment préparer l’entrée dans les programmes organisés de dépistage des cancers du sein et colorectal, tout en adaptant son conseil aux antécédents et aux recommandations applicables.
La santé sexuelle, la contraception, la ménopause ou la préménopause, les infections sexuellement transmissibles et le dépistage du VIH peuvent également être abordés lorsque la situation ou les attentes du patient le justifient. Pour les infirmiers souhaitant consolider leur pratique, la formation EREVO Rôle de l’IDE dans la vaccination est annoncée comme une action DPC avec une indemnisation pouvant atteindre 114 euros, sous réserve d’éligibilité et de droits disponibles.
Habitudes de vie, santé mentale et contexte social
Sommeil, alimentation, activité physique, tabac, alcool, santé mentale, situation d’aidant, isolement, conditions de travail ou exposition à des violences peuvent modifier le risque et la faisabilité des recommandations. Ces dimensions ne doivent pas être traitées comme une simple liste de cases à cocher.
Lorsqu’un sevrage tabagique devient prioritaire, la formation EREVO sur le rôle de l’infirmier dans le sevrage tabagique couvre le repérage précoce, l’intervention brève, les techniques d’entretien et l’orientation. Elle est présentée comme éligible au DPC avec une indemnisation de 266 euros, sous réserve des conditions applicables et des droits disponibles.
Facturation : tarifs, codes et actes complémentaires
Le tarif du bilan est fixé à 30 euros dans l’Hexagone et 31,50 euros dans les départements et régions d’outre-mer. Aucun dépassement n’est autorisé et le bilan ne peut être facturé qu’une fois par patient pour la tranche 45-50 ans, quel que soit le professionnel qui l’a réalisé.
Les codes de facturation publiés par l’Assurance Maladie diffèrent selon la profession :
- RDV pour les médecins et les sages-femmes ;
- RDI pour les infirmiers et les masseurs-kinésithérapeutes ;
- RDP pour les pharmaciens.
La possibilité de facturer un acte complémentaire dépend de la profession et reste strictement encadrée. À titre d’exemple, l’Assurance Maladie prévoit, sous conditions, certaines consultations ou certains actes diagnostiques pour les médecins, la vaccination pour les infirmiers, ou la vaccination et la remise du kit de dépistage colorectal pour les pharmaciens. Avant toute facturation associée, il convient de consulter la page Ameli propre à sa profession et de vérifier que le besoin a bien été identifié pendant le bilan.
Pour les masseurs-kinésithérapeutes, l’Assurance Maladie précise qu’aucun acte ni aucune majoration ne peut être ajouté au tarif du bilan ; des frais de déplacement peuvent toutefois être facturés à domicile dans les conditions conventionnelles. Les professionnels doivent également vérifier que leur logiciel métier intègre le code approprié.
Les erreurs à éviter dans la pratique
- Transformer le bilan en consultation exhaustive et perdre la logique de priorisation.
- Considérer l’autoquestionnaire comme obligatoire ou refuser le rendez-vous lorsqu’il n’est pas rempli.
- Donner des objectifs généraux sans préciser une première action concrète et réaliste.
- Confondre repérage d’un risque et établissement d’un diagnostic hors de son champ de compétences.
- Oublier l’accord et les préférences du patient dans le choix des priorités.
- Négliger la transmission du PPP et de la fiche de repérage au médecin traitant, sauf opposition du patient.
- Appliquer un code ou cumuler un acte sans vérifier les règles propres à sa profession.
Questions fréquentes
Une formation complémentaire est-elle obligatoire pour réaliser Mon bilan prévention ?
Non. L’Assurance Maladie indique qu’aucune formation complémentaire n’est obligatoire pour les professionnels habilités. Des modules gratuits sont toutefois disponibles sur la plateforme de l’EHESP, notamment sur la prévention, l’entretien motivationnel et l’intervention brève.
L’autoquestionnaire 45-50 ans est-il obligatoire ?
Non. Il facilite la préparation et le repérage, mais le bilan peut être réalisé sans questionnaire préalable. Celui-ci peut également être repris avec le patient pendant le rendez-vous.
Peut-on réaliser plusieurs bilans entre 45 et 50 ans ?
Non. Un seul bilan est pris en charge pour cette tranche d’âge, quel que soit le professionnel effecteur. Le suivi des objectifs relève ensuite du parcours de soins habituel.
Le masseur-kinésithérapeute peut-il facturer le bilan dès maintenant ?
Oui. Les masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser Mon bilan prévention à compter du 1er octobre 2026. Le code publié par l’Assurance Maladie est RDI ; le professionnel doit vérifier la mise à jour de son logiciel de facturation.
Que faut-il transmettre au médecin traitant ?
Le plan personnalisé de prévention et la fiche d’aide au repérage des risques doivent lui être transmis, sauf opposition du patient. Le médecin traitant coordonne ensuite le suivi et l’ajustement du plan.
Sources
- Assurance Maladie - Mon bilan prévention entre 45 et 50 ans, publié le 29 septembre 2026.
- Assurance Maladie - Mon bilan prévention par les médecins, modalités pratiques et facturation.
- Assurance Maladie - Mon bilan prévention par les infirmiers, déroulement, outils et code RDI.
- Assurance Maladie - Mon bilan prévention par les pharmaciens, code RDP et actes complémentaires autorisés.
- Assurance Maladie - Mon bilan prévention par les sages-femmes, code RDV et règles de cumul.
- Assurance Maladie - Mon bilan prévention par les masseurs-kinésithérapeutes, ouverture au 1er octobre 2026 et code RDI.
- Ministère chargé de la Santé - Mon Bilan Prévention pour les professionnels de santé, outils officiels et ressources pratiques.
À retenir
- Mon bilan prévention 45-50 ans dure 30 à 45 minutes et est pris en charge à 100 % sans avance de frais.
- Depuis le 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes peuvent le réaliser aux côtés des médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes.
- Le bilan suit trois temps : repérage des risques, choix partagé d’un ou deux sujets, puis rédaction du PPP.
- Le tarif est de 30 euros dans l’Hexagone et 31,50 euros dans les Drom ; le code dépend de la profession.
- La qualité du bilan repose sur des objectifs réalistes, une orientation adaptée et une transmission sécurisée au médecin traitant, sauf opposition du patient.




