68 000 décès en un an. C’est le bilan du tabac en France en 2023, selon les dernières estimations publiées en février 2026 par Santé publique France. Un chiffre qui interpelle malgré une tendance globale à la baisse. En réalité, cette amélioration reste trompeuse car le tabac demeure aujourd’hui la première cause de mortalité évitable en France.
Comprendre l’évolution du tabagisme en France
Depuis 2015, la mortalité liée au tabagisme recule progressivement en France, passant d’environ 75 000 à 68 000 décès annuels. Une évolution encourageante mais qu’il convient de relativiser. Cette baisse s’explique en grande partie par un effet générationnel. En effet, les populations ayant le plus fumé (notamment entre les années 1960 et 1980), arrivent aujourd’hui à des âges où la mortalité est élevée. En parallèle, les jeunes générations semblent adopter des comportements moins tabagiques, sans pour autant compenser totalement le poids des habitudes passées.
Les conséquences du tabagisme s’inscrivent sur le long terme. Les maladies associées apparaissent souvent après plusieurs décennies d’usage, ce qui explique pourquoi les chiffres restent importants malgré les progrès observés. Le tabac continue ainsi de faire perdre en moyenne une dizaine d’années d’espérance de vie aux personnes qui en consomment, rappelant l’ampleur durable de son impact sur la santé publique.
Dans ce contexte, le renforcement des actions de prévention et les compétences en sevrage tabagique se montrent nécessaires. Prévenir, repérer, accompagner l’arrêt du tabac sont autant de leviers essentiels qui placent les professionnels de santé en première ligne pour inverser la tendance.
Un profil patient qui évolue
Parmi les dernières analyses figure l’évolution du profil des patients concernés.
Si la mortalité liée au tabac reste plus élevée chez les hommes, l’écart avec les femmes se réduit progressivement. Cette tendance reflète l’évolution des habitudes tabagiques au cours des dernières décennies.
Les conséquences sanitaires de cette situation commencent tout juste à apparaître dans les statistiques de mortalité et sont amenées à s'accentuer dans les années à venir.
Des inégalités territoriales
Certaines zones présentent une mortalité attribuable au tabac nettement supérieure à la moyenne nationale. Ces écarts s’expliquent en grande partie par des déterminants sociaux bien identifiés : précarité, situation professionnelle, difficultés d’accès aux soins et environnement défavorable à la prévention. Pour les professionnels exerçant dans ces territoires, ces réalités impliquent d’adapter les stratégies d’accompagnement. Une approche individualisée, non stigmatisante et centrée sur les obstacles concrets rencontrés par les patients est souvent indispensable pour favoriser l’engagement dans une démarche d’arrêt.
A ce jour, trois territoires se distinguent : les Hauts-de-France, le Grand Est et la Corse. Selon Santé publique France, la mortalité liée au tabagisme y est environ 40 % plus élevée qu’en Île-de-France, qui affiche les niveaux les plus bas à l’échelle nationale.
Le rôle clé des professionnels de santé dans le sevrage tabagique
Les données récentes montrent qu’une majorité de fumeurs souhaite arrêter. Pourtant, le passage à l’acte reste difficile sans accompagnement structuré. C’est là que l’intervention des soignants devient déterminante.
Même une consultation courte peut amorcer l’arrêt du tabac. Le repérage systématique du tabagisme, l’évaluation du niveau de dépendance et la proposition d’une aide adaptée permettent déjà d’augmenter significativement les chances de réussite. L’accompagnement repose ensuite sur une approche globale : prescription de substituts nicotiniques lorsque cela est indiqué, soutien, suivi dans la durée et orientation vers des dispositifs spécialisés. Des ressources accessibles existent, comme les programmes d’aide gratuits proposés par Tabac info service qui offrent un appui complémentaire aux prises en charge à domicile ou en cabinet.
Malgré les progrès observés, le tabagisme demeure un défi majeur de santé publique. La baisse progressive de la mortalité montre que les actions de prévention portent leurs fruits mais elle ne doit pas conduire à relâcher les efforts.
Dans ce contexte, le rôle des professionnels de santé reste déterminant. Leur capacité à repérer précocement le tabagisme, à initier le dialogue et à accompagner les patients dans la durée constitue l’un des leviers les plus efficaces pour réduire durablement l’impact du tabac. Renforcer les compétences en sevrage tabagique, intégrer systématiquement la prévention dans les parcours de soins et s’appuyer sur des outils validés apparaissent aujourd’hui comme des priorités. Autant d’enjeux qui font du sevrage tabagique un axe central de la pratique soignante contemporaine.
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