Traitement des verrues par les pédicures-podologues : la formation à l'azote liquide est encadrée

22/10/2026
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Pédicure-podologue préparant un dispositif de cryothérapie à l'azote liquide devant une verrue située sous le pied d'un patient.

Depuis le 9 juillet 2026, les pédicures-podologues peuvent traiter les verrues du pied par une méthode physique, notamment par cryothérapie à l'azote liquide. Cette possibilité n'est toutefois pas ouverte sans condition : le professionnel doit avoir suivi une formation adaptée. L'arrêté du 12 octobre 2026, publié au Journal officiel du 16 octobre, précise désormais les compétences attendues.

Le nouveau texte ne crée donc pas, à lui seul, l'autorisation de traiter les verrues. Il complète le décret n° 2026-601 du 6 juillet 2026 et donne un cadre au parcours de formation. Diagnostic différentiel, utilisation de l'azote, gestion de la douleur, surveillance et suivi : voici ce que les pédicures-podologues doivent retenir avant d'intégrer cette pratique au cabinet.

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Ce que changent le décret du 6 juillet et l'arrêté du 12 octobre 2026

Le décret n° 2026-601, publié le 8 juillet 2026 et entré en vigueur le lendemain, a modifié l'article R. 4322-1 du Code de la santé publique. Cet article mentionnait auparavant le diagnostic et le traitement des seules « verrues plantaires ». Il vise désormais les verrues traitées par méthode chimique ou physique.

Le texte réserve cependant la méthode physique aux pédicures-podologues qui ont suivi une formation à cet effet, soit dans le cadre du diplôme d'État, soit dans les conditions fixées par le ministère de la Santé. L'arrêté du 12 octobre 2026 vient précisément définir le contenu de cette formation pour les professionnels qui ne l'ont pas acquise pendant leur cursus initial.

La distinction est importante : le décret élargit le champ des actes autorisés, tandis que l'arrêté fixe les compétences à acquérir. La publication de l'arrêté ne permet pas à un professionnel non formé de commencer immédiatement la cryothérapie.

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Qui peut traiter une verrue du pied par méthode physique

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Un acte réalisable sans prescription médicale préalable

L'article R. 4322-1 prévoit que le pédicure-podologue accomplit le diagnostic et le traitement des verrues sans prescription médicale préalable, dans les limites posées par l'article L. 4322-1. Le traitement repose donc d'abord sur un diagnostic de pédicurie-podologie établi par le professionnel.

Cette autonomie ne supprime pas l'obligation d'orientation. Le référentiel de formation exige de reconnaître les critères d'exclusion, de distinguer une verrue d'une autre pathologie cutanée et de repérer une urgence. En cas de doute diagnostique ou de situation hors champ, l'orientation vers un médecin fait partie de la prise en charge attendue.

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Une formation obligatoire pour utiliser une méthode physique

Le recours à une méthode physique, dont l'azote liquide, est réservé aux professionnels formés. Deux situations sont prévues :

  • la compétence a été acquise pendant la formation conduisant au diplôme d'État de pédicure-podologue ;
  • à défaut, le professionnel suit une formation conforme aux compétences définies par l'arrêté du 12 octobre 2026.

Pour sécuriser sa pratique, le pédicure-podologue a intérêt à conserver l'attestation et le programme détaillé de la formation suivie. Le seul intitulé commercial d'une formation ne suffit pas à démontrer qu'elle couvre l'ensemble de l'annexe réglementaire.

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Les compétences prévues par la formation au traitement des verrues

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Établir le diagnostic et reconnaître les situations à orienter

Le premier bloc porte sur le diagnostic de la verrue en pédicurie-podologie. La formation doit renforcer les connaissances relatives à l'étiologie, à l'épidémiologie, aux modes de contamination, aux symptômes et aux traitements.

Elle doit surtout permettre un diagnostic différentiel. Le professionnel doit savoir identifier :

  • les critères qui excluent le traitement au cabinet ;
  • les situations qui imposent une orientation vers un autre professionnel ;
  • les éléments permettant de différencier la verrue d'une autre pathologie de la peau ;
  • les signes pouvant relever d'une urgence.

Cette étape conditionne toute la suite. Une lésion située sous le pied ne doit pas être traitée comme une verrue sur la seule base de son aspect ou de sa localisation.

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Maîtriser l'azote liquide et construire le projet thérapeutique

Le deuxième bloc concerne directement la cryothérapie. La formation doit présenter les caractéristiques de l'azote et les principes du traitement par le froid. Elle couvre explicitement le transport, la conservation et la manipulation de l'azote.

Le praticien doit également savoir définir un projet thérapeutique adapté. Le référentiel cite le nombre de séances, le choix du mode d'application et le temps d'application. Il ne fournit pas de protocole unique : ces paramètres font partie des compétences à acquérir et à mobiliser selon la situation clinique.

La gestion de la douleur, la surveillance et l'identification des effets secondaires figurent également dans le programme. La technique ne se résume donc pas à l'utilisation d'un dispositif : elle suppose une évaluation avant, pendant et après le geste.

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Organiser le suivi et la coordination du parcours

Le troisième bloc prolonge le geste technique. Le pédicure-podologue formé doit pouvoir évaluer l'efficacité du traitement, délivrer des conseils de prévention et prendre en charge la douleur intermittente.

L'annexe prévoit également l'information du médecin prescripteur et du médecin traitant. Même lorsque l'acte est réalisé sans prescription préalable, la coordination reste nécessaire dès qu'un autre professionnel intervient dans le parcours ou qu'une situation justifie un avis médical.

Enfin, la validation de la formation repose sur un questionnaire à choix multiples et des études de cas. L'évaluation ne porte donc pas uniquement sur des connaissances théoriques : elle doit aussi vérifier la capacité à raisonner devant une situation clinique.

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Ce que cette évolution change au cabinet de podologie

Avant d'intégrer le traitement physique des verrues, le cabinet doit transformer le référentiel en organisation concrète. Cinq points méritent d'être vérifiés :

  • la conformité de la formation suivie et la conservation de sa preuve ;
  • un protocole de diagnostic différentiel, d'exclusion et d'orientation ;
  • les conditions de transport, de stockage et de manipulation de l'azote ;
  • l'information du patient, la gestion de la douleur et la surveillance des effets secondaires ;
  • la traçabilité du geste, du suivi et des échanges avec les autres professionnels.

Le choix du matériel doit intervenir après cette mise au point. L'arrêté place volontairement la sécurité, le diagnostic et le suivi au même niveau que la technique d'application.

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Ce que l'arrêté ne précise pas

Le texte publié au Journal officiel décrit les compétences et les modalités d'évaluation, mais il ne fixe pas :

  • une durée minimale exprimée en heures ;
  • un format imposé en présentiel, en classe virtuelle ou en e-learning ;
  • une liste d'organismes habilités ou un modèle national d'attestation ;
  • un financement automatique par le DPC ou le FIF PL ;
  • une cotation ou une règle de remboursement propre à la cryothérapie des verrues.

Il serait donc imprudent d'annoncer une durée obligatoire, une prise en charge financière ou une rémunération spécifique sans source complémentaire. Le critère vérifiable, à ce stade, reste la correspondance du programme avec les compétences figurant dans l'annexe de l'arrêté.

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Actualiser ses connaissances sur le cadre réglementaire du podologue

La formation EREVO Traitements prescriptibles aide les pédicures-podologues à actualiser leurs connaissances sur leur champ de compétence, le droit de prescription et la coordination des soins. Elle est proposée en classe virtuelle sur 7 heures. Sa page indique une prise en charge DPC à 100 % sous réserve d'agrément, d'éligibilité et de droits disponibles, ainsi qu'une indemnisation DPC affichée à 385 euros.

Cette formation n'est toutefois pas présentée comme la formation spécifique à la cryothérapie exigée par l'arrêté du 12 octobre 2026. Elle constitue un maillage pertinent pour le cadre réglementaire général, mais ne doit pas être confondue avec la validation des compétences relatives au traitement physique des verrues. Les autres parcours sont accessibles dans le catalogue EREVO destiné aux podologues.

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Questions fréquentes

Tous les pédicures-podologues peuvent-ils utiliser l'azote liquide ?

Non. La méthode physique est réservée aux pédicures-podologues qui ont acquis la compétence pendant leur diplôme d'État ou qui ont suivi une formation couvrant le référentiel fixé par l'arrêté du 12 octobre 2026.

Une prescription médicale est-elle nécessaire ?

L'article R. 4322-1 permet le diagnostic et le traitement des verrues sans prescription médicale préalable, dans le champ professionnel du pédicure-podologue. Le diagnostic différentiel, les critères d'exclusion et l'orientation restent obligatoires dans la pratique.

L'arrêté impose-t-il un nombre d'heures de formation ?

Non. Le texte fixe les compétences à acquérir et prévoit une évaluation par QCM et études de cas, mais il ne mentionne pas de durée minimale. Il faut donc vérifier le contenu détaillé du programme plutôt que se fier uniquement à sa durée.

Une formation DPC suffit-elle automatiquement ?

Pas nécessairement. Le statut DPC d'une action ne démontre pas, à lui seul, qu'elle correspond au référentiel sur le traitement physique des verrues. Le programme doit reprendre le diagnostic différentiel, la manipulation de l'azote, le projet thérapeutique, la douleur, les effets secondaires, le suivi et les modalités d'évaluation prévues par l'arrêté.

Le traitement concerne-t-il toutes les verrues ?

Le décret vise le traitement des verrues du pied dans le champ de compétence du pédicure-podologue. Il ne crée pas une compétence générale pour traiter des verrues situées sur d'autres parties du corps.

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Sources

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À retenir

  • Depuis le 9 juillet 2026, le traitement physique des verrues du pied entre dans le champ d'actes des pédicures-podologues formés.
  • L'arrêté du 12 octobre encadre le diagnostic différentiel, la cryothérapie à l'azote, la douleur, les effets secondaires et le suivi.
  • La formation est obligatoire pour la méthode physique, mais aucune durée minimale ni prise en charge automatique n'est fixée par l'arrêté.
  • Avant de s'équiper, le professionnel doit vérifier que sa formation couvre l'ensemble du référentiel réglementaire.

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Jeune homme souriant avec une chemise bleue assis près d'une plante en intérieur.