Accès aux soins en 2026 : les nouveaux chiffres de l’Assurance Maladie

23/10/2026
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Médecin généraliste ouvrant un cabinet médical dans une petite commune française, avec deux habitants qui s'approchent, pour illustrer l'accès aux soins en 2026.

Les indicateurs de l'accès aux soins évoluent dans le bon sens, sans pour autant signifier que les tensions sont résorbées. Publiée le 22 octobre 2026, la nouvelle mise à jour de l'Observatoire de l'accès aux soins de l'Assurance Maladie repose sur des données arrêtées au 30 juin 2026. Elle montre une progression nette des primo-installations de médecins généralistes, y compris dans les territoires les plus fragiles.

Dans le même temps, la patientèle moyenne reste élevée, la file active des généralistes recule et moins d'un médecin de secteur 2 sur deux adhère à l'Optam ou à l'Optam-ACO. Le message est donc nuancé : davantage de médecins s'installent, mais l'accès réel aux soins dépend encore de leur répartition, de l'organisation des cabinets et de la capacité à suivre les patients dans la durée.

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Que mesure l'Observatoire de l'accès aux soins

Créé en décembre 2024, l'Observatoire suit les engagements de la convention médicale 2024-2029 sur plusieurs dimensions de l'accès aux soins. La mise à jour de juin 2026 rassemble huit indicateurs relatifs notamment aux installations de généralistes, au médecin traitant, à la patientèle, aux assistants médicaux, à l'Optam et au Service d'accès aux soins.

Les données proviennent du Système national des données de santé et de bases internes à l'Assurance Maladie. Elles sont publiées aux niveaux national, régional et départemental sur Data ameli. Cette granularité est importante : une moyenne nationale favorable peut masquer des écarts importants entre territoires, densités de population et organisations locales.

À noter : les chiffres relatifs aux médecins généralistes portent sur les généralistes hors médecins à expertise particulière. Les variations annoncées doivent donc être lues dans ce périmètre précis.

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Les installations de généralistes progressent nettement

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Une hausse de 22,8 % sur douze mois

Au 30 juin 2026, les primo-installations de médecins généralistes augmentent de 22,8 % sur douze mois. Cela représente 523 installations supplémentaires par rapport aux douze mois précédant fin juin 2025. La dynamique était déjà visible en 2025, avec 2 810 premières installations en libéral, contre 2 130 en 2024.

Ces chiffres traduisent un mouvement favorable pour la médecine de ville. Ils ne renseignent cependant pas, à eux seuls, sur le temps médical effectivement disponible, le volume de patients suivis, les choix d'exercice à temps partiel ou la permanence de l'offre dans chaque bassin de vie.

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Une progression encore plus forte dans les zones prioritaires

Dans les zones d'intervention prioritaire, ou ZIP, les primo-installations progressent de 28,5 % sur douze mois, soit 182 médecins de plus que sur la période précédente. En 2025, 891 premières installations avaient été recensées dans ces territoires considérés comme les plus fragiles en matière d'offre de soins.

La tendance est encourageante, car elle suggère une meilleure orientation des nouvelles installations vers les zones qui en ont le plus besoin. Elle doit néanmoins être suivie dans le temps : l'enjeu n'est pas seulement d'attirer un médecin, mais aussi de créer les conditions d'un exercice durable, coordonné et compatible avec la charge clinique locale.

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Patients en ALD : l'accès au médecin traitant s'améliore

La part des patients en affection de longue durée sans médecin traitant continue de diminuer. Elle est passée de 5,6 % fin 2022 à 4,3 % fin 2025, puis à 4,1 % au 30 juin 2026. Cette baisse intervient alors que le nombre de patients en ALD a augmenté de 2,6 % en 2025.

Pour les cabinets, ce résultat confirme l'importance de la coordination du parcours, de la prévention et du suivi des pathologies chroniques. Il faut toutefois éviter une lecture trop rapide : 4,1 % représente encore une part de patients vulnérables sans interlocuteur médical pivot, et l'amélioration nationale ne garantit pas une disponibilité homogène sur le terrain.

Le nouveau Forfait médecin traitant renforce justement le suivi patient par patient et la prévention. EREVO détaille le fonctionnement des quinze indicateurs et du tableau de bord dans son article sur le Forfait médecin traitant 2026 dans amelipro, ainsi que la logique générale de cette rémunération axée sur la prévention.

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La charge des cabinets reste un point de vigilance

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Une patientèle moyenne stable à un niveau élevé

La patientèle moyenne des généralistes au titre de leur activité de médecin traitant s'établit à 1 048 patients au 30 juin 2026. Elle diminue légèrement de 0,4 %, mais demeure proche des niveaux observés en 2024 et 2025.

Cette stabilité peut être lue comme un maintien de la capacité de suivi. Pour les professionnels, elle rappelle surtout que l'arrivée de nouveaux confrères ne réduit pas immédiatement la charge organisationnelle des cabinets déjà installés : renouvellements, prévention, suivi d'ALD, coordination et demandes non programmées continuent de s'ajouter au temps de consultation.

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Une file active en baisse de 2,5 % chez les généralistes

La file active correspond au nombre de patients différents vus au moins une fois dans l'année. Elle recule de 2,5 % sur douze mois chez les médecins généralistes et de 0,3 % chez les spécialistes.

Ce recul ne permet pas, à lui seul, d'identifier une cause unique. Il peut refléter plusieurs réalités : évolution du temps de travail, vieillissement des professionnels, complexité croissante des prises en charge ou organisation différente de l'activité. Il montre en revanche qu'une hausse des installations ne se traduit pas mécaniquement par une augmentation immédiate du nombre de patients distincts vus dans l'année.

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Assistants médicaux et SAS : l'organisation des soins progresse

L'accès aux soins dépend aussi de la manière dont le temps médical est organisé. Au 30 juin 2026, 9 987 contrats d'aide à l'emploi d'assistants médicaux avaient été signés, toutes spécialités confondues, contre 9 304 à la fin de 2025. Le dispositif vise à déléguer certaines tâches et à libérer du temps médical, sans transférer les décisions cliniques qui relèvent du médecin.

Le Service d'accès aux soins couvrait, pour sa part, 98,5 % de la population. Cette couverture quasi généralisée facilite l'orientation des demandes urgentes ou non programmées, mais son efficacité dépend de la disponibilité réelle des effecteurs et de la coordination locale entre ville, régulation et établissements.

Pour les équipes, ces dispositifs invitent à raisonner au-delà du seul nombre de médecins : répartition des tâches, protocoles internes, plages de soins non programmés, outils de suivi et articulation avec les autres professionnels conditionnent la capacité du cabinet à accueillir de nouveaux patients.

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Optam : l'accès financier reste sous surveillance

L'accès aux soins n'est pas uniquement géographique. Au 30 juin 2026, le taux d'adhésion des médecins de secteur 2 à l'Optam ou à l'Optam-ACO atteint 45,4 %. À la fin de 2025, 15 461 médecins étaient adhérents, soit 1 832 de moins qu'en 2024, dans le contexte du renouvellement des contrats prévu par la nouvelle convention médicale et de la non-reconduction de contrats devenus inéligibles.

Cet indicateur rappelle que la présence d'une offre ne suffit pas si son coût constitue un frein. Délais, distance et reste à charge se cumulent parfois pour un même patient. Le baromètre 2026 de l'accès aux soins analysé par EREVO apporte ici un éclairage complémentaire : il s'intéresse au vécu des Français, aux renoncements et aux délais, tandis que l'Observatoire de l'Assurance Maladie mesure les évolutions de l'offre et de l'organisation.

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Ce que les professionnels peuvent retenir pour leur organisation

Les données nationales ne dictent pas l'organisation d'un cabinet, mais elles peuvent servir de point de comparaison. Les médecins et structures de soins de ville peuvent notamment :

  • consulter les indicateurs régionaux et départementaux sur Data ameli plutôt que de s'en tenir à la moyenne nationale ;
  • suivre séparément patientèle médecin traitant, file active et demandes de nouveaux patients ;
  • identifier les tâches organisationnelles pouvant être confiées à un assistant médical ou réparties au sein de l'équipe ;
  • formaliser l'orientation des soins non programmés et les liens avec le SAS local ;
  • utiliser les outils de suivi de la prévention sans les confondre avec le dossier clinique ;
  • réévaluer régulièrement l'équilibre entre capacité d'accueil, continuité des soins et soutenabilité de la charge de travail.

Pour approfondir ces sujets, les professionnels peuvent consulter les dossiers d'experts EREVO et le catalogue des formations destinées aux médecins. Les modalités de prise en charge DPC dépendent de chaque action, du statut du professionnel, de son éligibilité et des budgets disponibles ; elles doivent être vérifiées sur la page de la formation au moment de l'inscription.

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Questions fréquentes

Le nombre de médecins généralistes augmente-t-il vraiment en 2026

L'Observatoire mesure une hausse de 22,8 % des primo-installations sur douze mois à fin juin 2026. Il s'agit d'un flux de premières installations en libéral, et non d'une mesure de l'ensemble des effectifs disponibles ni du solde entre installations et cessations d'activité.

Qu'est-ce qu'une zone d'intervention prioritaire

Une ZIP est un territoire identifié comme particulièrement fragile en matière d'offre de soins. Les installations y progressent de 28,5 % sur douze mois à fin juin 2026, une évolution plus rapide que la moyenne nationale mesurée par l'Observatoire.

Combien de patients en ALD restent sans médecin traitant

Au 30 juin 2026, 4,1 % des patients en ALD n'ont pas de médecin traitant, contre 4,3 % fin 2025 et 5,6 % fin 2022. L'amélioration est réelle, mais le suivi territorial reste nécessaire pour repérer les zones où les difficultés persistent.

Pourquoi la file active baisse-t-elle malgré les installations

La publication constate une baisse de 2,5 % de la file active moyenne des généralistes, sans en attribuer une cause unique. Les données disponibles ne permettent donc pas de conclure à un mécanisme précis. Elles montrent surtout qu'il faut distinguer le nombre d'installations, le volume de patients différents vus dans l'année et la patientèle suivie comme médecin traitant.

Les assistants médicaux suffisent-ils à augmenter l'accès aux soins

Le dispositif vise à libérer du temps médical grâce à une meilleure répartition des tâches. Le nombre de contrats progresse, mais l'effet concret dépend de l'organisation du cabinet, des missions confiées, du profil de la patientèle et de la disponibilité des autres ressources locales.

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Sources

À retenir

  • Les primo-installations de généralistes progressent de 22,8 % sur douze mois à fin juin 2026.
  • La hausse atteint 28,5 % dans les zones d'intervention prioritaire.
  • La part des patients en ALD sans médecin traitant baisse à 4,1 %, malgré une population en ALD toujours plus nombreuse.
  • La patientèle moyenne reste élevée à 1 048 patients et la file active des généralistes recule de 2,5 %.
  • Les installations sont un signal favorable, mais l'accès réel dépend aussi du temps médical, de l'organisation des cabinets, du SAS et du coût des soins.

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Jeune homme souriant avec une chemise bleue assis près d'une plante en intérieur.