Campagne grippe et Covid-19 2026-2027 : le guide pratique des professionnels de santé

23/9/2026
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Infirmière présentant un flacon de vaccin à une patiente âgée dans un cabinet médical, avec deux vaccins préparés sur un plateau.

Le 22 septembre 2026, la Direction générale de la santé a diffusé les consignes relatives à la campagne de vaccination contre la grippe et le Covid-19 2026-2027. Son ouverture est fixée au 13 octobre 2026 en métropole, aux Antilles et en Guyane, tandis que le calendrier diffère à Mayotte et à La Réunion.

Pour les professionnels de santé, l’enjeu ne consiste pas seulement à connaître la date de lancement. Il faut identifier les patients prioritaires, vérifier les délais après une infection ou une précédente injection, proposer les deux vaccinations au bon moment et assurer leur traçabilité. Cette préparation est d’autant plus importante que les dernières données de Santé publique France confirment une couverture antigrippale encore insuffisante chez plusieurs populations à risque et chez les soignants.

Quand commence la campagne grippe et Covid-19 2026-2027 ?

La campagne conjointe doit débuter le 13 octobre 2026 en France métropolitaine, en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. À Mayotte, elle a commencé dès le mois de septembre. À La Réunion, elle reste alignée sur le calendrier de l’hémisphère sud.

Les premières commandes de vaccins contre le Covid-19 destinées à la médecine de ville ont été ouvertes les 21 et 22 septembre. Le portail de Santé publique France doit ensuite fonctionner selon un rythme hebdomadaire, sous réserve des adaptations annoncées pour la période des fêtes.

Cette organisation en amont permet aux officines, aux professionnels de ville et aux établissements qui leur sont rattachés d’anticiper les besoins. Pour éviter les rendez-vous incomplets ou reportés, il est utile de vérifier dès maintenant les procédures locales de commande, de délivrance et de disponibilité des doses.

Quels patients doivent être vaccinés en priorité ?

Les recommandations concernant la grippe et le Covid-19 se recoupent largement, mais elles ne sont pas strictement identiques. Le professionnel doit donc vérifier séparément l’éligibilité du patient à chaque vaccination.

Les publics prioritaires pour la vaccination contre la grippe

La vaccination antigrippale est notamment recommandée aux :

  • personnes âgées de 65 ans et plus ;
  • femmes enceintes, quel que soit le trimestre de la grossesse ;
  • personnes, y compris les enfants à partir de 6 mois, atteintes de certaines maladies chroniques ou immunodéprimées ;
  • personnes présentant une obésité avec un IMC supérieur ou égal à 40 kg/m² ;
  • personnes hébergées dans un établissement de soins de suite ou un établissement médico-social ;
  • proches de nourrissons de moins de 6 mois exposés à un risque de grippe grave et proches de personnes immunodéprimées ;
  • professionnels en contact régulier et prolongé avec des patients à risque de forme grave.

Les enfants âgés de 2 à 17 ans sans comorbidité peuvent également se voir proposer la vaccination. Les conditions de prescription et de prise en charge diffèrent toutefois de celles applicables aux publics prioritaires.

Les publics prioritaires pour la vaccination contre le Covid-19

La dose automnale contre le Covid-19 est recommandée chaque année aux personnes âgées de 65 ans et plus. Elle est également fortement recommandée aux personnes présentant un risque accru de forme grave, notamment :

  • les enfants et adultes atteints de certaines comorbidités ;
  • les personnes immunodéprimées ;
  • les femmes enceintes ;
  • les résidents d’EHPAD et d’USLD ;
  • les personnes considérées comme à très haut risque après évaluation médicale ;
  • les personnes vivant ou travaillant au contact régulier de patients immunodéprimés ou vulnérables.

Une personne qui ne fait pas partie de ces catégories peut néanmoins demander une vaccination contre le Covid-19. L’Assurance Maladie indique qu’elle peut en bénéficier gratuitement.

Grippe et Covid-19 : peut-on administrer les deux vaccins le même jour ?

Oui. Les vaccins contre la grippe saisonnière et le Covid-19 peuvent être administrés au cours de la même séance, sur deux sites d’injection distincts, par exemple un vaccin dans chaque bras.

Si les deux injections ne sont pas réalisées le même jour, aucun délai particulier n’est imposé entre les deux vaccinations. Cette souplesse permet d’adapter la proposition au choix du patient, à son état clinique et à la disponibilité des produits, sans créer artificiellement un second rendez-vous.

Pour la vaccination contre le Covid-19, le délai recommandé après la dernière injection ou la dernière infection est généralement de six mois. Il est réduit à trois mois pour les personnes âgées de 80 ans et plus et les personnes immunodéprimées. Le professionnel doit donc interroger le patient sur ses antécédents récents avant de valider l’administration.

Quels vaccins sont prévus pour la campagne 2026-2027 ?

Vaccination contre la grippe

Cinq vaccins antigrippaux sont annoncés pour la campagne : Efluelda, Fluad, Flucelvax, Influvac et Vaxigrip. Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, le calendrier vaccinal 2026 recommande préférentiellement Efluelda, vaccin hautement dosé, ou Fluad, vaccin avec adjuvant. Les vaccins à dose standard peuvent néanmoins être utilisés dans cette population.

Le choix doit rester conforme à l’âge, aux indications du produit, aux recommandations en vigueur et aux disponibilités. La composition des vaccins antigrippaux est actualisée chaque année afin de tenir compte des virus susceptibles de circuler pendant la saison.

Vaccination contre le Covid-19

Les documents professionnels diffusés avec le DGS-Urgent du 22 septembre présentent les formulations du vaccin Comirnaty adaptées au variant XFG, avec une présentation pour les personnes âgées de 12 ans et plus et des présentations pédiatriques destinées aux enfants de 6 mois à 11 ans.

L’âge du patient, ses vaccinations ou infections antérieures et son éventuelle immunodépression déterminent la formulation et le schéma à utiliser. Chez les enfants les plus jeunes, une prescription médicale peut être nécessaire selon le professionnel qui réalise l’acte.

Pourquoi la couverture contre la grippe reste-t-elle préoccupante ?

Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire publié en septembre 2026 montre que la couverture vaccinale contre la grippe reste faible et marquée par d’importantes inégalités sociales, professionnelles et territoriales.

Pour la saison 2024-2025, Santé publique France rapporte notamment :

  • 53,7 % de couverture chez les personnes âgées de 65 ans et plus ;
  • 82,7 % chez les résidents d’EHPAD ;
  • 25,3 % chez les personnes à risque âgées de moins de 65 ans ;
  • 24,2 % pour l’ensemble des professionnels exerçant en EHPAD ;
  • 34,2 % chez les infirmiers d’EHPAD et 19,3 % chez les aides-soignants.

Une amélioration provisoire de 3,5 à 4,4 points a été observée pendant la saison 2025-2026, mais elle ne suffit pas à effacer la tendance au recul enregistrée après la crise sanitaire.

L’étude identifie plusieurs leviers associés à une meilleure vaccination des professionnels : proposer gratuitement la vaccination dans l’établissement, organiser des temps d’information ou de formation, désigner un référent vaccination et obtenir le soutien visible de l’encadrement. Autrement dit, la disponibilité du vaccin est nécessaire, mais elle ne suffit pas : l’organisation et la confiance restent déterminantes.

Comment préparer concrètement la campagne dans sa pratique ?

Repérer les patients avant le démarrage

Une recherche ciblée dans la patientèle peut permettre d’identifier les personnes âgées, les patients atteints de maladies chroniques, les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes ou les patients vivant en institution. Pour chacun, il convient de vérifier les recommandations applicables aux deux vaccins et non de supposer qu’une indication vaut automatiquement pour l’autre.

Lors d’un soin, d’une consultation ou d’un renouvellement de traitement, quelques questions suffisent souvent à ouvrir la discussion : date de la dernière vaccination, infection récente par le Covid-19, antécédent de réaction, pathologie chronique et existence d’un bon de prise en charge.

Préparer le circuit de prescription et d’administration

Les compétences diffèrent selon la profession et l’âge du patient. Les médecins et sages-femmes peuvent prescrire et administrer les vaccins dans leur champ de compétence. Les infirmiers peuvent prescrire et administrer la vaccination antigrippale à partir de 11 ans et la vaccination contre le Covid-19 à partir de 5 ans, dans les conditions prévues par les textes. Des prescriptions médicales préalables restent nécessaires dans certaines situations pédiatriques.

Avant de modifier l’organisation matérielle du cabinet, il faut également distinguer prescription, délivrance, stockage et administration. Le projet de stockage de vaccins par certains professionnels libéraux répond à des règles spécifiques de commande, de conservation et de traçabilité. L’article EREVO sur le stockage des vaccins au cabinet permet de faire le point sans présenter un projet de texte comme une règle déjà applicable.

Organiser la traçabilité et la coordination

Après l’administration, le professionnel doit conserver les informations utiles : vaccin administré, date, numéro de lot et identité du vaccinateur. Lorsque les outils le permettent, ces données peuvent être intégrées au carnet de vaccination et à Mon espace santé.

Cette traçabilité évite les doubles injections injustifiées et facilite la coordination entre cabinet médical, officine, infirmier libéral et établissement. Pour approfondir ce sujet, l’article EREVO Vaccination 2026 : carnet électronique, HPV et grippe rappelle les règles de transmission et les limites actuelles du carnet numérique.

Répondre à l’hésitation vaccinale sans culpabiliser

Une recommandation personnalisée par un professionnel de confiance reste l’un des principaux déterminants du passage à l’acte. L’entretien ne doit pas se limiter à rappeler que le vaccin est disponible. Il doit partir des questions du patient, expliquer le bénéfice attendu contre les formes graves et distinguer les effets indésirables fréquents des situations nécessitant une vigilance particulière.

La coadministration peut être présentée comme une possibilité pratique, et non comme une obligation. L’objectif est de simplifier le parcours tout en respectant le consentement et la décision partagée.

Vaccination antigrippale des soignants : que peut-on affirmer ?

Le cadre juridique a évolué avec la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. L’article L. 3111-4 du Code de la santé publique prévoit une vaccination antigrippale pour certaines personnes exerçant dans les structures de prévention, de soins ou d’hébergement de personnes âgées. Il prévoit également un dispositif pour certains professionnels libéraux, dont le périmètre doit être précisé par un décret en Conseil d’État.

En juillet 2026, la HAS a recommandé une mise en place progressive de l’obligation pour les professionnels en contact avec des personnes à risque de grippe sévère, en donnant la priorité aux EHPAD et aux USLD. Elle n’a pas recommandé de rendre la vaccination obligatoire pour les résidents âgés eux-mêmes.

Pour communiquer de façon rigoureuse, il convient donc de vérifier le texte d’application correspondant au lieu et au mode d’exercice avant d’affirmer qu’un professionnel déterminé est juridiquement soumis à l’obligation. Une recommandation de la HAS, une disposition législative et une consigne opérationnelle d’employeur ne produisent pas exactement les mêmes effets.

Se former à la vaccination avec EREVO

Pour les infirmiers souhaitant analyser et améliorer leurs pratiques, la formation EREVO Rôle de l’IDE dans la vaccination aborde la vérification du statut vaccinal, les contre-indications, l’entretien avec le patient et l’amélioration de la couverture. Cette formation EPP de 6 heures est présentée comme éligible au DPC, avec une prise en charge à 100 % et une indemnisation pouvant atteindre 114 €, sous réserve d’agrément, d’éligibilité et de droits disponibles.

La formation en classe virtuelle Améliorer la couverture vaccinale : prescription des vaccins traite du calendrier vaccinal, des populations à risque, de la traçabilité et de l’entretien motivationnel. Elle est annoncée comme éligible au FIF PL avec une prise en charge pouvant atteindre 600 €, sous réserve des conditions applicables au professionnel.

Questions fréquentes

Quand débute la campagne de vaccination grippe et Covid-19 2026-2027 ?

Elle doit débuter le 13 octobre 2026 en métropole, en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Le calendrier est différent à Mayotte et à La Réunion.

Peut-on injecter les vaccins contre la grippe et le Covid-19 au même rendez-vous ?

Oui. Les deux vaccins peuvent être administrés pendant la même séance sur deux sites d’injection distincts. S’ils ne sont pas réalisés le même jour, aucun délai spécifique n’est exigé entre les deux injections.

Quel délai respecter après une infection par le Covid-19 ?

Le délai général est de six mois après la dernière infection ou la dernière injection. Il est ramené à trois mois pour les personnes immunodéprimées et les personnes âgées de 80 ans et plus.

Les publics ciblés par la vaccination contre la grippe et le Covid-19 sont-ils identiques ?

Non. Les deux listes se recoupent largement, mais elles ne sont pas totalement superposables. L’âge, les comorbidités, la grossesse, l’immunodépression et l’entourage doivent être examinés séparément pour chaque vaccin.

Tous les professionnels de santé sont-ils désormais obligés de se vacciner contre la grippe ?

Il ne faut pas généraliser sans vérifier le cadre applicable. La loi et la recommandation de la HAS prévoient un déploiement ciblé, mais le périmètre précis dépend notamment du lieu d’exercice, de l’exposition aux patients fragiles et des textes réglementaires d’application.

Sources

À retenir

  • La campagne conjointe contre la grippe et le Covid-19 débute le 13 octobre 2026 dans la majorité des territoires concernés.
  • Les deux vaccins peuvent être administrés le même jour, sur deux sites d’injection distincts.
  • Les publics prioritaires se recoupent, mais l’éligibilité doit être vérifiée séparément pour chaque vaccin.
  • La couverture antigrippale reste insuffisante, notamment chez les personnes à risque de moins de 65 ans et les professionnels d’EHPAD.
  • Repérage des patients, recommandation personnalisée, traçabilité et coordination sont les principaux leviers à activer dès maintenant.

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Jeune homme souriant avec une chemise bleue assis près d'une plante en intérieur.