Ménopause en 2026 : 13 mesures pour mieux informer et orienter les patientes

26/10/2026
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Femme d’une soixantaine d’années se rafraîchissant près d’une fenêtre ouverte dans son bureau pendant une bouffée de chaleur liée à la ménopause.

La ménopause sort progressivement du silence institutionnel. Le 15 octobre 2026, à l’occasion des Assises de la ménopause, le ministère chargé de la Santé a annoncé 13 mesures destinées à améliorer l’information, la prévention et la prise en charge des femmes concernées. Campagne nationale, recommandations de la Haute Autorité de santé, renforcement de Mon Bilan Prévention et projet de consultation longue : plusieurs chantiers concernent directement les professionnels de premier recours.

Toutes ces mesures ne sont toutefois pas applicables immédiatement. Certaines ressources sont déjà disponibles, tandis que d’autres restent annoncées, en cours d’élaboration ou soumises à des négociations. Voici ce qui change réellement en 2026 et les points à anticiper dans la pratique.

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Pourquoi la ménopause devient un enjeu de santé publique

Selon les chiffres présentés par le ministère, 17,2 millions de femmes sont concernées par la ménopause en France, soit près d’un quart de la population. Pourtant, seules 51 % déclarent être bien informées sur le sujet et 61 % indiquent n’avoir jamais reçu d’information d’un professionnel de santé. Pour 57 % des femmes interrogées, la ménopause reste également difficile à aborder.

Les premiers résultats du projet de recherche CLIMATERE cités lors des Assises indiquent par ailleurs que 49 % des participantes déclarent une altération importante de leur qualité de vie. Ces données ne signifient pas que toutes les femmes vivent la ménopause de la même manière. Elles montrent plutôt l’existence d’un besoin d’information, d’écoute et d’orientation encore insuffisamment couvert.

Pour les soignants, l’enjeu dépasse la prise en charge des bouffées de chaleur. La transition ménopausique peut s’accompagner de troubles du sommeil, de symptômes génito-urinaires, de changements de l’humeur ou d’un retentissement professionnel. Elle constitue aussi un moment pertinent pour réévaluer les facteurs de risque cardiovasculaire et osseux, ainsi que le parcours de prévention global.

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Que recouvrent les 13 mesures annoncées en 2026

Le communiqué ministériel annonce treize mesures regroupées autour de trois objectifs : mieux informer, améliorer la prévention et la prise en charge, puis documenter les conséquences sociales et professionnelles de la ménopause. Pour les professionnels de santé, plusieurs évolutions sont particulièrement importantes.

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Une campagne nationale et de nouvelles ressources fiables

Santé publique France doit lancer en janvier 2027 une campagne nationale de sensibilisation comprenant dix vidéos pédagogiques sur la périménopause et la ménopause. L’objectif annoncé est d’informer sans stigmatiser ni diffuser un discours anxiogène.

Un espace dédié à la ménopause est déjà accessible sur Santé.fr. Le ministère prévoit aussi un guide de bonnes pratiques pour les créateurs de contenu et un guide de communication destiné aux acteurs publics. La ménopause doit enfin être intégrée aux travaux nationaux sur la désinformation en santé.

Ce dernier point concerne directement les consultations. Les patientes peuvent être exposées à des promesses de compléments alimentaires, de traitements présentés comme universels ou de méthodes sans niveau de preuve suffisant. L’objectif n’est pas de balayer leurs questions, mais de les aider à distinguer les sources fiables des contenus commerciaux ou trompeurs. L’article EREVO consacré à la stratégie nationale contre la désinformation en santé propose des repères complémentaires pour conduire cet échange.

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Des recommandations de la HAS attendues début 2027

La Haute Autorité de santé travaille sur la prise en charge de la périménopause et de la ménopause en soins de premier recours. Sa note de cadrage prévoit notamment d’améliorer l’identification des symptômes, l’évaluation des besoins, l’information sur les possibilités thérapeutiques et les critères d’orientation vers un recours spécialisé.

Les recommandations sont annoncées pour le début de l’année 2027. Elles doivent ensuite être diffusées auprès des professionnels et intégrées aux priorités de formation continue. En attendant leur publication, il convient de ne pas attribuer à la HAS des recommandations détaillées qui n’ont pas encore été rendues publiques.

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Mon Bilan Prévention renforcé entre 45 et 50 ans

Le ministère souhaite renforcer la place de la ménopause dans Mon Bilan Prévention 45-50 ans. Ce rendez-vous constitue une porte d’entrée logique : il permet de repérer les risques, de choisir avec la personne un ou deux sujets prioritaires et de construire un plan personnalisé de prévention.

Depuis le 1er octobre 2026, le bilan peut être réalisé par les médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes et masseurs-kinésithérapeutes. Il dure généralement de 30 à 45 minutes et est pris en charge à 100 % sans avance de frais. Le guide EREVO Mon Bilan Prévention 45-50 ans détaille son déroulement, les outils à préparer et les règles de facturation selon la profession.

Le renforcement annoncé ne modifie pas encore les modalités opérationnelles publiées. Il indique surtout que les professionnels devront mieux intégrer l’information et l’orientation autour de la périménopause dans ce rendez-vous de prévention.

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Une consultation longue encore en négociation

Le ministère annonce l’ouverture de négociations conventionnelles entre l’Assurance Maladie et les sages-femmes afin d’étudier la mise en place d’une consultation longue consacrée à la ménopause. Cette consultation permettrait d’effectuer un bilan global de santé et d’aborder les symptômes, les risques associés et les besoins d’orientation.

À la date du 26 octobre 2026, cette annonce ne suffit pas à créer un nouvel acte facturable. Le tarif, les bénéficiaires, les professionnels concernés et les modalités de prise en charge doivent encore être définis par les textes et accords applicables. Il faut donc parler d’un projet en négociation, et non d’une consultation déjà disponible.

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La prescription hormonale par les sages-femmes reste à l’étude

La ministre a également saisi la HAS afin qu’elle examine les conditions dans lesquelles les sages-femmes pourraient être autorisées à prescrire des traitements hormonaux de la ménopause. Cette saisine ouvre une évaluation ; elle ne constitue pas, à elle seule, une extension immédiate du droit de prescription.

Dans la pratique, les professionnels doivent continuer à respecter leur champ de compétences actuel et les recommandations en vigueur. Toute évolution devra être confirmée par les textes correspondants et accompagnée des conditions de sécurité, de suivi et de formation retenues.

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Ce que les professionnels peuvent déjà mettre en place

Même si plusieurs mesures sont encore en préparation, les professionnels de premier recours peuvent déjà améliorer l’information et l’orientation des patientes. Quelques réflexes sont immédiatement mobilisables :

  • ouvrir la discussion lorsque l’âge, les symptômes ou les attentes de la patiente le justifient, sans réduire la ménopause à un seul signe clinique ;
  • évaluer le retentissement sur le sommeil, la vie quotidienne, la santé mentale, la sexualité et l’activité professionnelle ;
  • rechercher les facteurs de risque cardiovasculaire, osseux et métabolique dans le cadre de ses compétences ;
  • distinguer une information générale, un repérage et une situation nécessitant une consultation diagnostique ou spécialisée ;
  • orienter vers des sources institutionnelles et vérifier les promesses thérapeutiques ou commerciales apportées en consultation ;
  • tracer les priorités retenues, les conseils délivrés et les relais proposés afin de faciliter la coordination du parcours.

Cette approche respecte la diversité des expériences. Certaines femmes présentent peu de symptômes, tandis que d’autres connaissent un retentissement important. La décision partagée doit partir de la demande de la patiente, de son état de santé, de ses facteurs de risque et des possibilités de prise en charge réellement disponibles.

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Ce qui est déjà disponible et ce qui reste annoncé

Pour éviter toute confusion dans l’information donnée aux patientes, il est utile de distinguer trois niveaux d’avancement :

  • Déjà disponible : l’espace d’information consacré à la ménopause sur Santé.fr et le dispositif actuel de Mon Bilan Prévention 45-50 ans.
  • Annoncé ou programmé : la campagne nationale de janvier 2027, la diffusion des recommandations de la HAS et l’étude sur les conséquences sociales et économiques attendue en 2027.
  • En négociation ou à l’étude : la consultation longue ménopause et les conditions d’une éventuelle prescription des traitements hormonaux par les sages-femmes.

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Questions fréquentes

Les 13 mesures sur la ménopause sont-elles déjà applicables

Non. L’espace consacré à la ménopause sur Santé.fr est déjà accessible, mais plusieurs mesures sont programmées pour 2027 ou dépendent encore de recommandations, de négociations conventionnelles ou de textes d’application.

Qui peut réaliser Mon Bilan Prévention entre 45 et 50 ans

Les médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes et masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser ce bilan. Il s’agit d’un rendez-vous structuré de prévention et d’orientation, et non d’une consultation spécialisée consacrée exclusivement à la ménopause.

La consultation longue ménopause peut-elle déjà être facturée

L’annonce du 15 octobre 2026 prévoit l’ouverture de négociations, notamment avec les sages-femmes. Elle ne suffit pas à établir un tarif ni à créer immédiatement un acte facturable. Les textes et accords applicables devront être vérifiés avant toute facturation.

Les sages-femmes peuvent-elles déjà prescrire tous les traitements hormonaux de la ménopause

L’annonce ministérielle indique que la HAS est saisie pour étudier les conditions d’une éventuelle extension. Elle ne constitue pas une autorisation immédiate. Les sages-femmes doivent continuer à exercer dans le cadre de leurs compétences et des textes actuellement en vigueur.

Quand les nouvelles recommandations de la HAS sont-elles attendues

Le ministère annonce leur publication au début de l’année 2027. La HAS devra préciser les repères destinés aux soins de premier recours, les possibilités de prise en charge et les situations nécessitant une orientation spécialisée.

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Sources

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À retenir

  • Treize mesures ont été annoncées pour renforcer l’information, la prévention et l’accompagnement autour de la ménopause.
  • Une campagne nationale et de nouvelles recommandations de la HAS sont attendues au début de l’année 2027.
  • Mon Bilan Prévention 45-50 ans doit devenir une porte d’entrée renforcée pour informer et orienter les femmes.
  • La consultation longue et l’éventuelle extension du droit de prescription des sages-femmes ne sont pas encore applicables sur la seule base de l’annonce ministérielle.
  • Les professionnels peuvent dès maintenant améliorer le repérage, l’écoute, l’information fiable et la coordination du parcours.

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Jeune homme souriant avec une chemise bleue assis près d'une plante en intérieur.