Soins infirmiers, santé mentale et psychiatrie : repères pour l’IDEL 

Infirmier libéral échangeant avec une patiente lors d’un entretien en santé mentale à son domicile.

Vous intervenez comme à l’accoutumée chez un patient que vous connaissez bien. Pourtant, depuis quelque temps, il parle moins. Il sort rarement et semble se désintéresser de tout ce qui rythmait jusque-là son quotidien. Lors d’un passage, il vous explique aussi qu’il boit davantage le soir pour réussir à dormir. Pris séparément, chacun de ces changements pourrait sembler peu spécifique. Mais leur association, leur persistance et leur retentissement sur son quotidien vous interrogent. En tant qu’IDEL, votre rôle n’est pas de poser un diagnostic psychiatrique. En revanche, votre connaissance du patient et la répétition de vos passages vous placent dans une position privilégiée pour repérer une souffrance psychique, objectiver ce qui change, rechercher des éléments de gravité et transmettre au bon moment. Vous vous demandez si cet homme traverse simplement une période difficile ou s’il s’agit d’un épisode dépressif, plus ou moins en rapport avec sa maladie chronique. Alors, quels repères en santé mentale et en psychiatrie peuvent vous aider dans votre pratique infirmière libérale ? Comment mener l’entretien, distinguer une situation à surveiller d’une situation à transmettre rapidement et savoir quand agir sans attendre ? 

Quelle est la place de l’IDEL en santé mentale et en psychiatrie ?

La santé mentale s’invite régulièrement dans vos soins à domicile. Une détresse psychique peut apparaître après l’annonce d’une maladie, une hospitalisation, un deuil ou une perte d’autonomie. Chez d’autres patients, un trouble déjà connu évolue ou une consommation d’alcool, de tabac ou d’autres substances commence à prendre davantage de place. Dans ces situations, votre rôle repose d’abord sur votre capacité à observer une évolution.

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Repérer les changements pouvant évoquer une souffrance psychique

Parce que vous suivez parfois vos patients pendant plusieurs semaines, mois ou années, vous connaissez leur fonctionnement habituel. Vous êtes donc souvent en mesure de remarquer rapidement ce qui n’est « plus comme avant ».

Vous pouvez notamment :

  • Observer une modification du comportement ou de l’humeur ;
  • Rechercher depuis quand elle est présente ;
  • Repérer la répétition ou l’aggravation de certains signes ;
  • Évaluer leur retentissement sur les soins, l’autonomie ou la vie sociale ;
  • Rechercher une évolution des consommations d’alcool ou de tabac ;
  • Mettre ces observations en relation avec l’état somatique, les traitements ou un événement récent.

Votre rôle consiste à repérer et objectiver, sans conclure trop rapidement à une pathologie psychiatrique. 

Du repérage à la transmission des éléments cliniques

Vous remarquez qu’un patient s’isole, dort mal, mange moins et participe moins à ses soins depuis plusieurs semaines. Ces éléments peuvent traduire une souffrance psychique, mais ils ne suffisent pas à eux seuls à déterminer sa cause.

Votre observation prend alors toute sa valeur lorsqu’elle est factuelle, datée et comparée à l’état habituel du patient.

Vous pouvez transmettre au médecin ou, selon la situation, aux professionnels de santé mentale impliqués :

  • Ce qui a changé ;
  • Depuis quand ;
  • À quelle fréquence ;
  • Avec quelles conséquences ;
  • Si certains signes s’aggravent.

L’entretien infirmier vous permet justement de préciser ces éléments. 

Comment intervenir en tant qu’IDEL face à une souffrance psychique ou une addiction ?

Une modification du comportement ne s’explique pas toujours au premier regard. Le temps du soin peut devenir l’occasion d’ouvrir un dialogue, sans transformer l’échange en interrogatoire. 

L’entretien infirmier : ouvrir le dialogue puis préciser la situation

Cet entretien infirmier ne commence pas nécessairement par une série de questions. Vous pouvez d’abord ouvrir le dialogue à partir de ce que vous avez observé, puis rechercher progressivement les informations dont vous avez besoin.
Revenons au patient présenté au début de cette page. Vous le revoyez chez lui deux jours plus tard. Il paraît toujours ralenti et son état mental vous inquiète. Vous pourriez simplement effectuer votre soin comme d’habitude, puis repartir. Mais ce que vous avez observé au fil de vos dernières visites vous amène à profiter de ce temps de soin pour en savoir plus.
Vous commencez alors par lui expliquer que vous le trouvez changé depuis quelques jours et vous lui demandez la raison de ces changements. S’il vous répond qu’il va bien, l’échange pourrait s’arrêter là. Pourtant, son attitude, son retrait et ce que vous avez constaté lors des visites précédentes ne concordent pas totalement avec cette réponse.
Vous pouvez alors lui montrer ce qui vous interpelle : son sommeil, ses sorties beaucoup plus épisodiques qu’avant ou encore une activité qu’il a abandonnée.
Vous ouvrez ainsi un espace concret dans lequel il peut plus facilement exprimer ce qu’il vit. Cet accueil fait partie de la relation soignant-soigné. Il permet à la personne de parler sans devoir immédiatement accepter l’interprétation que vous pourriez faire de son état.
Votre soutien ne doit pas non plus servir à rassurer votre patient de façon systématique. L’objectif est avant tout de lui laisser la possibilité de parler et de vous apporter des éléments supplémentaires.
À mesure que l’échange avance, vous pouvez utiliser des questions plus ciblées pour préciser certains éléments. Cette approche permet de structurer votre entretien sans le transformer en interrogatoire. Cela est d’autant plus important, lorsqu’il existe un décalage entre ce que votre patient affirme et ce que vous constatez. Vous pouvez alors chercher à préciser les points suivants :

  • Quand les changements ont-ils commencé ?
  • Sont-ils présents tous les jours ?
  • Existe-t-il un événement déclencheur ?
  • Qu’est-ce qui est devenu difficile ?
  • Qu’est-ce que votre patient ne fait plus ?
  • Son sommeil ou son alimentation ont-ils changé ?
  • Sa consommation d’alcool ou de tabac a-t-elle évolué ?

Au cours de cet échange, restez attentif à l’environnement de votre patient. Un proche répond-il systématiquement à sa place ? Son discours change-t-il en sa présence ? Dans ce cas, différez vos questions et préférez reprendre votre échange lors d’un moment plus propice.

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Mettre les éléments recueillis en relation et transmettre les informations utiles

À l’issue de l’entretien, vous disposez d’un certain nombre de données. Mais lesquelles surveiller ? Lesquelles doivent vous amener à transmettre au médecin ?
Pour le déterminer, vous allez regarder la durée des symptômes, leur association, leur évolution et leurs incidences sur le quotidien de votre patient.
Une fatigue passagère et isolée, par exemple, ne vous alertera pas de la même manière qu’une asthénie profonde qui persiste et s’accompagne d’un manque de motivation.
Lorsque l’évolution psychique de votre patient vous inquiète, prenez rapidement contact avec le médecin et détaillez ce que vous avez constaté. Ce peut être, par exemple :

  • Il ne sort presque plus depuis trois semaines ;
  • Il dort très mal et mange moins ;
  • Il ne prend plus aucun plaisir aux activités qu’il appréciait auparavant.

Ces données sont autant d’éléments concrets qui peuvent permettre au médecin de faire son diagnostic. De votre côté, ces éléments vous sont aussi très utiles pour déterminer ce que vous devrez surveiller lors de vos prochains passages.
Reste à savoir à partir de quand les signes que vous observez doivent réellement vous inquiéter.

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Comment savoir si les signes observés sont préoccupants ?

Tous les moments de mal-être ne correspondent pas à une maladie mentale. À l’inverse, certains troubles mentaux peuvent commencer par des manifestations très discrètes dans le quotidien. Alors, comment savoir si les changements que vous observez doivent vous amener à approfondir votre évaluation ?
Imaginons un patient âgé qui dort mal depuis quelque temps. Désormais, il mange moins, refuse plusieurs invitations et dit qu’il ne prend plus plaisir à voir ses petits-enfants.
Un signe isolé n’est pas nécessairement préoccupant. En revanche, plusieurs changements qui apparaissent en même temps, persistent ou s’aggravent doivent attirer votre attention. Cela est d’autant plus vrai s’ils ont des conséquences sur le quotidien du patient.

Voici quelques éléments que vous pouvez observer pour évaluer la situation :

  • Un changement par rapport au comportement habituel du patient ;
  • La durée des manifestations ;
  • La présence simultanée de plusieurs signes ;
  • Leur évolution ou leur aggravation ;
  • Leurs conséquences sur sa vie sociale, son autonomie, ses relations ou ses soins.

Ce sont donc moins les signes pris séparément que la manière dont ils s’associent, évoluent et retentissent sur le quotidien qui doit attirer votre attention.

Alors, quels sont les changements les plus fréquents que vous pouvez retrouver en santé mentale ?

Quels signes doivent faire penser à un trouble psychique ou une addiction ?

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Dépression : ce qui fait passer d’une impression à une alerte clinique

Un patient habituellement jovial présente une tristesse inhabituelle, une perte d’intérêt ou une fatigue plus marquée. D’autres signes peuvent s’y associer : des troubles du sommeil ou de l’appétit, des difficultés de concentration, un sentiment de culpabilité ou un discours plus pessimiste. Dans un épisode dépressif caractérisé, les symptômes sont présents presque tous les jours pendant au moins deux semaines et ont des conséquences concrètes sur le quotidien de la personne. Pour structurer votre repérage, cherchez donc à savoir depuis combien de temps ces signes sont présents et ce qu’ils changent réellement dans sa vie.
Dans la pratique, les signes observés ne permettent pas toujours de comprendre clairement ce que traverse votre patient. Celui-ci peut minimiser ce qu’il ressent, attribuer sa fatigue à sa maladie chronique ou expliquer son isolement par un événement récent. Il peut alors être difficile de savoir si ces manifestations évoquent une dépression ou si elles ont une autre origine.
Votre rôle consiste à repérer ces signes, à les mettre en relation et à apprécier leur évolution ainsi que leurs conséquences sur le quotidien du patient. Le diagnostic de dépression relève du médecin. Si la situation vous préoccupe ou nécessite une évaluation complémentaire, transmettez-lui les éléments recueillis afin d’obtenir un avis médical.

Notre outil de repérage de la dépression peut vous aider à structurer votre démarche. N’hésitez pas à le télécharger. Consultez également notre page sur le rôle de l’IDEL face à la dépression pour approfondir votre démarche infirmière. 

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Quand la recherche du risque suicidaire devient prioritaire

Que faire lorsqu’un patient vous confie qu’il ne voit plus l’intérêt de continuer comme ça ? Ne restez pas sur cette seule phrase. Essayez de comprendre sa pensée et d’explorer la profondeur de ses pensées : 

  • À quelle fréquence surviennent-elles ? 
  • Sont-elles de plus en plus présentes ou intenses ? 
  • A-t-il déjà envisagé comment il pourrait passer à l’acte ou commencé à le préparer ? 

Recherchez également ce qui peut encore le retenir ou l’entourer. Ces questions vous permettent de mieux apprécier jusqu’où la pensée suicidaire s’est construite et si les éléments recueillis font craindre un danger immédiat.
En cas de doute sur la conduite à tenir, vous, votre patient ou son entourage pouvez contacter le 3114. Cette ligne est accessible gratuitement 24 h/24 et 7 j/7. Lorsque le danger vous semble immédiat, sollicitez les services d’urgence.

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Addictions : du repérage à la première intervention

Dans votre pratique quotidienne, vous êtes aussi souvent confrontée à une autre problématique : celle des addictions. Une consommation d’alcool ou de tabac peut ainsi vous interpeller par sa fréquence, son augmentation ou les conséquences qu’elle commence à avoir sur la pathologie de votre patient. Alors, comment repérer une conduite addictive et comment agir en tant qu’infirmier à domicile ? 

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Alcool : repérage et conduite à tenir infirmière

Reprenons l’exemple du patient, qui vous avait confié boire chaque soir pour réussir à dormir. Vous suspectez un alcoolisme ? Interrogez-le pour préciser sa consommation :

  • Combien de fois par jour boit-il et quelle quantité consomme-t-il ?
  • Depuis quand sa consommation a-t-elle augmenté ?
  • Dans quel contexte survient-elle ?
  • Quelles conséquences a-t-elle déjà sur son quotidien ?

Ces éléments vous permettent d’évaluer la quantité consommée, mais surtout de mieux comprendre la place que cette consommation prend progressivement dans la vie de votre patient. Vous pouvez également échanger avec lui sur les risques identifiés, sa motivation et les changements qu’il serait prêt à envisager.
Cela paraît simple. Pourtant, dans de nombreuses situations, il reste délicat pour vous d’aborder ce sujet. Certains patients ne sont pas prêts à parler de leur consommation d’alcool, tandis que d’autres la minimisent. Cette consommation peut pourtant compliquer leur situation : certains chutent régulièrement, d’autres oublient leurs prises médicamenteuses et beaucoup continuent à boire malgré les conséquences déjà visibles sur leur santé. Alors, jusqu’où intervenir et à quel moment orienter votre patient ?

Pour plus de détails, consultez notre page sur l’addiction à l’alcool. Elle vous donne des pistes concrètes pour engager cette discussion sans rompre le dialogue. Notre outil sur le repérage de l’alcoolisme vous aidera à structurer ce premier repérage et à rechercher les éléments utiles au cours de vos échanges. N’hésitez pas à le télécharger.

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Tabac : accompagner une demande de sevrage en tant qu’IDEL

Le tabagisme fait aussi partie des problématiques qui s’immiscent régulièrement dans vos soins. Et il est d’autant plus préoccupant lorsque vos patients sont atteints d’une pathologie chronique.

Imaginons qu’un patient que vous suivez souhaite arrêter de fumer. Il a déjà essayé plusieurs fois, mais reprend systématiquement après quelques jours. Cette fois, il utilise des substituts nicotiniques que vous lui avez prescrits. Mais il continue à ressentir des envies importantes de fumer et vous demande s’il doit modifier son traitement. Vous devez alors comprendre ce qui se passe :

  • À quels moments le manque apparaît-il ?
  • Continue-t-il à fumer certaines cigarettes ?
  • Quels symptômes décrit-il ?
  • Qu’est-ce qui l’avait conduit à reprendre lors de ses précédentes tentatives ?

Notre outil sur Le sevrage tabagique vous aide à rechercher les éléments utiles pour faire le point avec votre patient.

N’hésitez pas à conseiller à votre patient de consulter son médecin ou un tabacologue en cas de symptômes de manque importants, rechutes, etc.  Pour savoir comment aborder le sujet du sevrage tabagique avec vos patients, lisez notre article. Il vous permet de mieux connaître votre place en tant qu’IDEL dans l’accompagnement de l’arrêt du tabac.

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Quand poursuivre, orienter ou agir en cas de troubles psychiques ou d’addiction ?

Lorsque les manifestations persistent, s’aggravent ou commencent à avoir davantage de conséquences sur la vie de votre patient, transmettez les informations recueillies au médecin traitant. Il peut alors envisager une orientation adaptée.
De même, si la sécurité de votre patient est en jeu, n’attendez pas votre prochain passage pour agir.
Vous n’avez pas repéré d’élément de gravité en lien avec un trouble psychique ou une addiction depuis plusieurs semaines ? Dans ce cas, vous poursuivez votre surveillance. Réévaluez régulièrement votre patient et demandez-vous surtout si de nouveaux signes sont apparus depuis votre dernière évaluation.

Repérer les signes pouvant évoquer un trouble psychique ou une addiction fait partie de votre rôle propre d’IDEL. Ces interventions s’inscrivent pleinement dans les soins infirmiers en santé mentale et en psychiatrie que vous pouvez mobiliser dans votre pratique quotidienne. Certaines situations restent toutefois plus difficiles à gérer : faut-il poursuivre la surveillance face à des signes de dépression ? Comment intervenir lorsqu’une consommation d’alcool devient problématique ? Comment accompagner un sevrage tabagique après plusieurs échecs ? Les formations sur le repérage de la dépression chez l’adulte, sur l’addiction à l’alcool et le sevrage tabagique vous permettent d’approfondir ces différentes situations, d’adapter votre pratique d’IDEL et de transmettre au bon moment.

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FAQ

Quelle différence entre santé mentale et psychiatrie ?

La santé mentale concerne l’équilibre psychique, émotionnel et social d’une personne. Elle peut être fragilisée par une maladie, un événement difficile ou des conditions de vie éprouvantes, sans qu’un trouble psychiatrique soit nécessairement présent.
La psychiatrie, elle, est la spécialité médicale consacrée au diagnostic, à la prévention et à la prise en charge des troubles psychiatriques. 

Quels soins infirmiers relèvent de la santé mentale en libéral ?

Les soins infirmiers en santé mentale commencent souvent par un accueil de la parole et une observation clinique de ce qui a changé chez votre patient. Au cours de votre entretien infirmier, vous instaurez une relation d’aide qui facilite l’échange. Cela vous permet de mieux comprendre les difficultés rencontrées. Vous pouvez ensuite adapter votre surveillance, apporter un soutien, mener des actions de prévention ou transmettre les informations utiles. Ces interventions font aujourd’hui partie de votre rôle propre d’IDEL. Elles vous placent comme un acteur clé pour repérer l’évolution d’un trouble et ses conséquences sur les soins, l’autonomie ou la vie sociale du patient. Les renseignements que vous recueillez facilitent la coordination avec le médecin et les autres membres de l’équipe pluridisciplinaire.

Quelle est la différence entre le rôle de l’IDEL et celui des infirmiers en psychiatrie ?

Un infirmier de secteur psychiatrique exerce principalement auprès de personnes présentant des troubles mentaux. Il peut par exemple travailler dans le secteur psychiatrique au sein d’un centre hospitalier ou dans une structure spécialisée autre que l’hôpital. Ce professionnel bénéficiait auparavant d’une formation et d’un diplôme spécifiques pour exercer en psychiatrie. Mais cette formation fait désormais partie de l’histoire de la psychiatrie. Elle a disparu depuis 1992 et est aujourd’hui intégrée à la formation infirmière généraliste. Aujourd’hui, un infirmier diplômé d’État peut exercer en psychiatrie et développer ses compétences dans ce domaine. En libéral, votre cadre d’exercice est différent, mais certaines de vos compétences professionnelles rejoignent celles d’un infirmier en psychiatrie. Vous pouvez ainsi repérer une souffrance psychique ou l’évolution d’une maladie mentale sans assurer l’ensemble des soins psychiatriques de la personne.

Comment effectuer un entretien infirmier en santé mentale ?

Adoptez une approche ouverte au début de l’échange, puis utilisez une technique de questionnement plus ciblée pour préciser la durée des manifestations, leur évolution, leurs conséquences et les éventuels risques.
La qualité de la relation soignant-soigné facilite la parole et le recueil des éléments utiles. Ainsi, en instaurant cette confiance au fil des soins, vous construisez aussi une relation thérapeutique qui peut faciliter les échanges lors de vos prochains passages.

Comment développer ses compétences en santé mentale lorsqu’on est infirmier ?

Le diplôme d’État infirmier apporte une première base en psychiatrie et en santé mentale. Pour approfondir les situations rencontrées en libéral, Erevo propose des formations consacrées au repérage de la dépression chez l’adulte, à l’accompagnement d’une addiction à l’alcool et au sevrage tabagique.

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Sources

Haute Autorité de Santé — Dépression de l’adulte : repérage et prise en charge initiale
Haute Autorité de Santé — Agir en premier recours pour diminuer le risque alcool : repérer tous les usages et accompagner chaque personne
Haute Autorité de Santé — Outil d’aide au repérage précoce et à l’intervention brève : alcool, cannabis et tabac chez l’adulte
Assurance Maladie — La prise en charge du sevrage tabagique
Ministère de la Santé — Le numéro national de prévention du suicide

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